Les "laïques en réseau", un véritable collectif national d’action laïc
par Robert Albarèdes – le 6 juillet 2006.
14 associations représentées, 9 excusées, 4 autres soutenant l’initiative sans avoir pu se déplacer... la rencontre proposée par les initiateurs de la pétition " Pour une laïcité pleine et entière ", par l’Union des Familles Laïques, par d’autres " laïques " aussi, a, peut-être, montré une certaine timidité d’implication des organisations invitées, elle a – surtout, et c’est l’essentiel – été marquée par une prise de décision qui va faire date : la création d’un Réseau National d’Action Laïque dont l’existence va trouver sa concrétisation publique dans une action d’occupation du terrain politique dès la rentrée prochaine.
Car il ne s’agit plus d’ergoter ou de réfléchir sur la nature " du sexe des chérubins laïques " alors que les dangers des communautarismes ( et leur corollaire de dégradation du statut de la femme) , de l’atteinte à la liberté de conscience et d’expression, du " détricotage " de la loi de 1905, de la dilapidation de l’argent public à des fins cultuelles ( franches ou déguisées) menacent de toutes parts, portés aussi bien par d’étroits intérêts confessionnels que par la pusillanimité des politiciens de tous bords ou la " bien- pensance " dangereuse des stratèges du " XVI ème intellectuel et humanitariste "...
Il s’agit, tout au contraire, de porter sur le terrain du politique, à l’occasion des échéances électorales nationales et territoriales, la question du respect et du renforcement du socle laïque, fondement de notre espace sociétal et républicain, garant de notre spécificité nationale, seul à même de permettre la vie de chacun dans un rapport apaisé avec l’autre et avec le Tout dont il dépend.
Cette structure souple, dans laquelle chaque association garde son identité et son autonomie, où elle n’aliène nullement ses intentions d’actions propres, permettra la mise en coordination, au sein de l’espace national, à des moments choisis, d’actions collectives menées simultanément et s’appuyant sur les réseaux propres des associations constitutives... Aujourd’hui, une vingtaine d’associations, demain trente, après-demain cinquante, peut-être... Le mouvement est lancé, sa première marque sur le terrain sera le questionnaire " fermé ", concret, précis à adresser à tous les candidats (déclarés ou potentiels) aux élections nationales à venir afin de les obliger à se déterminer devant les électeurs sur des aspects caractéristiques et pratiques du principe laïque. Et suivra une action d’ampleur nationale d’exploitation des réponses obtenues (ou non : ne pas répondre est, aussi, une réponse) où la structure du réseau doit trouver sa pleine efficience.
Aucune structure qui fait de la défense et du renforcement de notre laïcité la pierre angulaire de son action ne peut rester à l’écart du nouveau combat qui s’engage ; aucun citoyen qui porte en lui cette exigence de laïcité dont notre République a su faire son fondement indiscutable ne peut fermer les yeux sur l’entreprise de destruction menée, chaque jour, par les tenants du communautarisme comme par les bigots de toutes les confessions ou les politiciens affamés de clientèle... Aujourd’hui , " la balle est dans le camp des Laïques ", et la forme d’organisation de notre société future comme son mode de fonctionnement ne dépendent que d’eux : ou le modèle " anglo-saxon " européanisé triomphera ( et avec lui l’émiettement politique, administratif, sociétal, de notre pays ) ou nous serons capables de maintenir l’unité laïque de notre espace public.
Nous portons en nous la solution de cette alternative.
article paru dans Respublica n° 456.
Liste des Associations qui ont répondu à l’invitation soit en participant , soit en soutenant la démarche :
COMITE "Pour une Laïcité Pleine et Entière" (Cplaid)
UFAL
REGARDS de FEMMES
PROCHOIX (excusé, soutient l’initiative)
UNION CITOYENNE (Bordeaux) (soutient)
UNION des REPUBLICAINS RADICAUX (excusé, soutient)
LIGUE du DROIT des FEMMES
LIGUE du DROIT INTERNATIONAL des FEMMES
COMITE ORNAIS de DEFENSE de la LAICITE
COMITE du VENDOMOIS de DEFENSE de la LAICITE
FORUM FEMMES MEDITERRANEE (excusé, soutient)
LAIQUES
EGALE (excusé, soutient)
OBSERVATOIRE de la LAICITE du PAYS D’AIX
COMITE VALMY (soutient)
HISTOIRES de MEMOIRE (excusé, soutient)
LIGUE des DROITS de L’HOMME (Chalon sur Saône)
MOUVEMENT "NI PUTES NI SOUMISES" (excusé, soutient)
SNETAA (excusé, soutient)
EIL (excusé, soutient)
CERCLE de REFLEXION des LIBRES PENSEURS
ASSOCIATION NATIONALE des LIBRES PENSEURS de France (soutient)
COMITE de REFLEXION et d’ACTION LAIQUES 76
AMIS de la LAICITE en CONFLENT (66) (soutient)
ASSOCIATION des ATHEES des Pyrénées Orientales (soutient)
LIBRE PENSEE 64 (soutient)
FAIRE LE JOUR (soutient)
Les associations "excusées" sont celles qui n’ont pu envoyer un délégué à Paris pour des raisons "techniques" .
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24 et 25 juin : deux journées à retenir pour une initiative essentielle
par Robert Albarèdes – le 17 juin 2006.
Le pari lancé, il y a quelques semaines, par les initiateurs de la pétition " Pour une laïcité pleine et entière " et l’UFAL est en passe d’être tenu :
Les 24 et 25 juin, à Paris, vont se retrouver trente associations, d’envergure nationale ou régionale, qui ont fait de la laïcité leur domaine d’action et de réflexion afin de réfléchir, ensemble, sans exclusive ni parti-pris, à la nécessité de rendre la " parole laïque " si forte qu’aucun responsable politique ou dirigeant de structure cultuelle, de mouvement confessionnel intégriste ou non, d’organisation prétendument culturelle ou " humanitariste ", ne pourra s’attaquer impunément au principe essentiel et fondateur qui organise notre espace public et sociétal depuis plus d’un siècle maintenant, et qui, dans une société de plus en plus complexe et multiforme, est le cadre d’accueil, le mode d’organisation et de fonctionnement le mieux à même de satisfaire l’_expression des différences (dans la limite du droit commun) et l’universalité de l’espace où se construit l’unité du tout.
C’est que la situation est lourde de dangers !
Que ce soit pour des raisons politiques : le dépeçage national lié à la " décentralisation " comme la perspective de la construction politique européenne conduisent, d’ores et déjà, en " émiettant " l’espace national, à affaiblir le mode d’organisation et de fonctionnement de notre société…
Que ce soit pour des raisons idéologiques et cultuelles : il n’y a pas que les " extrémistes " religieux – facilement identifiables – qui souhaitent plier à la loi de leur groupe, de leur règle, de leur coutume, la loi " générale " qui organise de manière laïque l’espace public qui nous rassemble… Il y a aussi tous ceux qui tiennent des discours communautaristes sous quelque prétexte que ce soit ou qui organisent déjà notre ensemble social de façon communautariste.
Que ce soit pour de simples raisons " politiciennes " : trop, ici, ne sont motivés que par leur élection ou leur réélection, attachés qu’ils sont à leurs pouvoirs " prébendiers ", toujours prêts à toutes les compromissions, quitte à édulcorer, contourner, puis transformer, le principe essentiel de notre espace républicain et démocratique pour satisfaire des électorats supposés.
Devant un tel déferlement de menaces , devant l’impression que l’on a d’assister à la montée inexorable d’une marée destructrice de tout ce que notre Histoire et nos valeurs ont élaboré, il convient de répondre positivement aux questions suivantes :
- allons-nous être capables de porter la " demande laïque " qu’exprime la plus large majorité de nos concitoyens ?
- allons-nous être capables d’obliger tous ceux qui prétendent accéder aux responsabilités publiques à respecter puis consolider le socle laïque qui fonde notre espace commun ?
- allons-nous être capables de nous rassembler, sans arrière-pensées, sans volonté hégémonique, avec le seul souci de l’efficacité, face aux dangers pour nous y opposer de manière victorieuse ?
Si nous savons dépasser ce qui peut nous distinguer pour construire, autour de l’essentiel qui nous rassemble, le mouvement " laïque " d’aujourd’hui, alors nous pourrons espérer en une réussite de notre action et à la pérennisation de cette " laïcité pleine et entière " que notre pays a su institutionnaliser et inscrire dans sa Constitution.
article paru dans Respublica n° 454.
"""""""""Recontre des 24 et 25 juin : pour un collectif national laïque"""""""""
par Robert Albarèdes – le 4 juin 2006
… AGIR EN AMONT !
Les associations et comités qui se réclament d’une " laïcité pleine et entière " sont nombreux dans notre pays et dispersés sur tout son territoire. Nationales ou régionales, ces structures, plus ou moins importantes , mènent, souvent depuis de longues années, des actions vigoureuses, toujours généreuses , parfois victorieuses, contre toutes les atteintes portées aux principes fondamentaux de la laïcité que la loi de 1905 a institutionnalisés . . .
Ici, contre le financement public d’une école confessionnelle ou d’un pseudo-centre culturel islamique, là contre l’obligation faite aux collectivités locales de prendre en charge certaines dépenses de fonctionnement de l’enseignement privé, ailleurs pour le respect total de l’égalité entre hommes et femmes et contre toute mise en cause de la mixité dans l’espace public, partout contre les dérives communautaristes et les mises en cause de la liberté d’expression et d’analyse…
Tous ces combats sont justes et honorables,
Ils sont, tous, nécessaires,
Mais ils sont tous " en aval " : c'est-à-dire qu’ils interviennent seulement quand les faits ont été perpétrés, quand les décisions ont été prises, quand les perversions ont été réalisées…
Il faut, maintenant, agir " en amont ", avant même qu’élus nationaux ou territoriaux, représentants de tel ou tel culte, responsables de telle ou telle structure prétendument culturelle ou simplement extrémiste, porte-parole de telle mouvance " humanitariste ", aient eu ne serait-ce que l’idée d’érafler le socle laïque sur lequel s’est construit tout au long de son histoire notre espace politique et sociétal.
C’est l’objectif que se fixe la Rencontre initiée par l’Ufal nationale et le Cplaid " Pour une laïcité pleine et entière "… et destinée à rassembler, sans exclusive, tous ceux qui placent la laïcité au centre de leur réflexion et de leur action.
La période est propice pour faire de l’engagement laïque – dans son acception la plus nette – un débat politique (au sens premier du terme) et pour obliger tous ceux qui prétendent représenter notre " peuple " à se déterminer clairement en faveur du respect, de l’application totale, du renforcement des textes qui font de la laïcité le " mode de fonctionnement " de notre société, et à refuser toute dérive, de quelque nature qu’elle soit, en ce domaine.
Et cet engagement – prise de position publique – doit trouver sa concrétisation dans des réponses précises à des questions rigoureusement élaborées :
- les principes essentiels énoncés dans les deux premiers articles de la loi de 1905 sont-ils intangibles ?
- leur application doit-elle être totale et ne souffrir aucune exception ?
- s’il y a une correction à faire , ne s’agit-il pas seulement d’effacer la clause restrictive de l’article 2 ?
- la loi générale, la loi " du peuple tout entier " qui régit l’espace public, ne doit-elle pas primer, dans tous les cas et dans tous les lieux publics, sur toute autre loi issue d’une quelconque religion, d’une quelconque culture, d’une quelconque tradition ?
- la reconnaissance de la pleine égalité entre l’homme et la femme ne doit-elle pas conduire au refus de toute mesure, toute habitude, tout comportement porteurs de la plus petite marque discriminatoire ?
- l’argent public ne doit-il pas être seulement destiné à la dépense publique, excluant de fait toute aide, directe ou masquée, à toute expression d’une idéologie ou d’un culte, que ce soit par le biais de réalisations concrètes ou celui d’initiatives collectives ?
- l’expression de la liberté de conscience – droit de croire, de ne pas croire, de ne plus croire, de croire autrement – ne doit-elle pas être totale ?
- la liberté d’examen, d’analyse, de critique, d’expression, de moquerie – corollaire de la liberté de conscience - ne doit-elle pas être entièrement garantie ?
Le " oui " apporté à chacune de ces questions construit le canevas sur lequel s’élabore la laïcité " pleine et entière " que nous souhaitons , et fait surgir les contours de la plate-forme qui doit permettre de préparer une action d’ampleur nationale.
Le débat à venir, les 24 et 25 juin, précisera ce contenu, tracera les objectifs, construira la stratégie de l’action envisagée, en fixera les moyens.
Mais il doit, aussi et surtout, permettre le rassemblement " des laïques " : nul ne peut prétendre détenir " la seule vérité laïque ", mais chacun sait combien notre laïcité est menacée…
Le péril impose le rassemblement,
L’efficacité du combat à mener suppose l’accord sur l’essentiel,
La réussite viendra de la volonté de tous à porter haut et fort le sentiment laïque qui imprègne largement la plus grande partie de nos concitoyens.
"""""""""Rencontre des 24 et 25 juin : Pour quoi faire ?""""""""""""
par Robert Albarèdes – le 26 mai 2006.
L’initiative prise par l’Ufal nationale et notre comité (Cplaid@yahoo.fr) prend corps petit à petit : à ce jour, quatorze organisations (nationales et régionales) ont répondu positivement à l’invitation adressée et chacun espère que la quarantaine d’autres structures saisies (la liste n’est pas vraiment fermée) prendra la même décision.
Car la situation l’exige !
Quand on voit chaque jour des élus territoriaux (toutes sensibilités confondues) voter des crédits publics pour permettre l’édification de lieux de culte, la réalisation de supposés centres culturels liés à une religion, la construction d’établissements d’enseignement privé confessionnel…, on se dit que la loi de 1905 est insidieusement détournée, bafouée, oubliée, comme si ces élus de la République voulaient habituer nos concitoyens à des pratiques qui justifieront ensuite sa modification au nom de l’accoutumance…
Quand on se heurte, chaque jour, à l’expression d’interdits communautaires, à la revendication de la prééminence de la tradition ou d’une parole qualifiée de " divine " face à la loi du " laos ", au refus de ce qu’a construit et décidé l’ensemble social historiquement constitué sur notre sol, on se dit que ceux que la loi de 1905 a écartés de l’espace public veulent le réinvestir pour y imposer leur étroitesse et leur vision régressive…
Quand on entend, chaque jour, les cris de ceux qui veulent multiplier les tabous, imposer les comportements, mesurer les pensées et les paroles à l’aune de leur obscurantisme, on se dit que la liberté de conscience (et celle d’analyser, de dire, de critiquer, de se moquer, qui en est le corollaire) est vraiment menacée…
Quand on vérifie, chaque jour, que l’indiscutable égalité de l’homme et de la femme, signe d’une modernité éclairée par la raison et la connaissance, est rejetée en certains lieux de notre espace social où s’imposent des principes traditionalistes habillés de religiosité qui font de la femme un être inférieur, on se dit qu’il est temps de remettre notre société – toute notre société - sur le socle républicain de la laïcité…
Oui, la situation exige un état d’alerte maximum de tous ceux qui savent que seule une laïcisation pleine et entière de l’espace public permet la liberté de conscience, l’égalité entre tous, l’universalité de la loi ; permet à chacun de vivre pleinement ce qu’il est en harmonie avec l’ensemble auquel il appartient ; permet à la société de trouver équilibre et apaisement.
Le temps est donc venu, pour les laïques de ce pays, de cesser de se regarder en " chiens de faïence ".
Le temps est donc venu pour chacune des associations qui se réclament de la laïcité de cesser de croire en sa seule " vérité ".
Le temps est donc venu pour toutes celles et tous ceux qui placent la laïcité au centre de leurs préoccupations de se rassembler et d’agir en commun. Se rassembler en une structure suffisamment organisée pour être crédible, efficace, susceptible de conduire des actions d’ampleur nationale, mais suffisamment souple pour conserver à chacun son identité et sa liberté d’analyse… Se rassembler sur une plate-forme suffisamment étroite pour permettre l’union, mais suffisamment précise et rigoureuse pour toucher à l’essentiel du principe de laïcité… Agir de manière coordonnée et nationale en une stratégie élaborée et conduite en commun pour imposer le " débat laïque " aux hommes et aux femmes qui vont prétendre à gouverner, pour les amener à clarifier leur position en ce domaine, pour les obliger à exprimer clairement et précisément leurs intentions face à la loi de 1905, au respect de la liberté de conscience et d’expression, à l’utilisation de l’argent public, aux tentatives et aux discours communautaristes, aux atteintes à l’universalité de la loi commune et à celles des valeurs essentielles élaborées par notre histoire et notre réflexion .
Après viendra le temps de rester organisé et vigilant pour veiller au respect des engagements pris et lutter contre les dérives et les oublis éventuels. Oui, la situation précaire de la laïcité, voulue aussi bien par les tenants des conceptions religieuses les plus obscurantistes que par des politiciens cultivant un clientélisme électoral nauséabond ou par des " beaux esprits " aux penchants humanitaristes masquant mal hypocrisie et intérêts privés, préparée aussi bien par les travaux de la commission " Machelon " que par les tenants de l’intégration politique européenne (l’épisode du traité constitutionnel n’est pas si loin…) donne toute sa force à l’initiative en cours, dont le succès et le devenir apparaissent plus que nécessaires.
paru dans Respublica n° 447
"""""""Rencontre pour un Collectif National Laïque : une initiative bienvenue""""""""
par Robert Albarèdes – le 10 mai 2006
En lançant leur pétition " Pour une Laïcité Pleine et Entière ", les initiateurs du texte avaient pour objectif de s’adresser aux hommes et aux femmes politiques de ce pays – et, en particulier, au premier d’entre eux – pour les amener à se déterminer fermement et clairement en faveur du socle laïque de notre République et de la loi qui l’institutionnalise… Mais ils avaient aussi la volonté d’œuvrer pour le rassemblement de toutes les structures qui placent la laïcité et la loi de 1905 au centre de leur réflexion et de leur action, par-delà les querelles, les clivages, les tensions traditionnelles, afin que tous ceux qui ont la laïcité " au cœur et à l’esprit " parlent d’une seule voix, agissent en un seul mouvement en faveur de ce principe fondateur et essentiel. Sur ce dernier point, le moment vécu aujourd’hui semble devoir leur donner raison et justifier leur initiative. En effet, ce 28 avril, vient d’être mis en ligne un texte-pétition, signé de personnalités connues pour leur engagement contre tous les racismes, tous les intégrismes, et pour leur attachement au fondement laïque de notre société, et destiné à marquer une étape forte dans le combat " pour l’égalité, les libertés et la laïcité "… Pour aborder la question sous un angle différent, l’initiative ainsi popularisée recoupe cependant les préoccupations et les buts des pétitionnaires " Pour une Laïcité Pleine et Entière " suppose la même mobilisation et suggère un rapprochement d’où pourraient naître une réflexion et une action coordonnées. Mais surtout, cette démarche conforte la décision – prise conjointement par l’Ufal et le " Comité Pour la LAIcité et la Démocratie " - de réunir à Paris, les 24 et 25 juin prochains, toutes les organisations participant de la mouvance " laïque ", sans exclusive, pour, ensemble, élaborer une plate-forme d’action, mettre sur pied une stratégie précise, préparer une action d’ampleur nationale, afin de faire de la " question laïque " une question essentielle du débat électoral qui s’ouvre, et demander aux futurs candidats (des présidentielles comme des législatives qui suivront) de s’engager clairement en faveur de la nature indivisible et laïque de notre socle républicain. Et pas au travers de discours fumeux ou de déclarations d’intention vaseuses… Non, par des réponses précises à des questions précises : les principes énoncés aux articles 1 et 2 de la loi de 1905 sont-ils intangibles ? La liberté de conscience peut-elle être aliénée d’une quelconque façon ? La liberté d’expression doit-elle être limitée ou rabotée au nom d’une quelconque référence religieuse ? La liberté d’analyse, de critique, de dérision souffre-t-elle une quelconque limite ? La loi d’une quelconque tradition, d’une quelconque culture, d’une quelconque religion, peut-elle s’imposer à la loi du Tout, décidée par la voie démocratique ? L’argent public peut-il servir, de manière directe ou détournée, à subventionner la construction de lieux de culte, de structures d’enseignement privé, d’ensembles culturels réservés ? Peut-il être utilisé pour aider au fonctionnement d’établissements scolaires privés ? Toute une batterie de questions simples et précises pour susciter des réponses nettes et sans ambiguïtés, pour obliger les politiques de ce pays à se déterminer publiquement. Au peuple, ensuite, de se faire une opinion.
Il peut y avoir là un premier outil à mettre en œuvre en commun pour infléchir une tendance manifeste à faire fi de l’unité laïque de notre République démocratique. Quand on voit des élus ouvrir la voie aux actes et aux discours communautaristes, quand on perçoit les démarches entreprises de " détricotage " de la loi de 1905 ou de mise en cause de la liberté d’expression, quand on lit l’appel à la " régionalisation " sous la plume d’une égérie " de la gauche ", on ne peut que s’inquiéter… Mais quand on connaît les attitudes sclérosées, les dissensions permanentes, les conflits larvés qui organisent le " mouvement laïque " de ce pays, on se dit que nos " adversaires " ne sont forts que de nos faiblesses. Le moment est venu de dépasser tout cela… " Quand les blés sont sous la grêle, fou qui fait le délicat… "
paru dans Respublica n° 442.
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