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La laïcité,
une garantie de l'égalité homme/femme










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Le problème du voile islamique

Le voile islamique est un problème pour la République

Le voile que porte certaines femmes musulmanes de plus en plus nombreuses (et nous ne parlons même pas ici des horrifiantes burkas et autres prisons portatives qui devraient être interdites depuis longtemps) pose un véritable problème dans notre pays pour au moins deux raisons fondamentales :

- Le port du voile résulte d'une lecture intégriste du coran, et montre donc pour leurs adeptes une dérive sectaire qui devrait être reconnue pour ce qu'elle est. Les législateurs ne pourront pas l'ignorer éternellement...

- Le voile est le symbole criant de la soumission de la femme, et donc celui de l'inégalité homme/femme pourtant censée être garantie par les lois de la République. Sur l'histoire et la signification de ce voile islamique, je ne saurais trop vous conseiller la lecture du livre extrêmement bien documenté de Michèle Vianès "Un voile sur la République", et celui de Chahdortt Djavann "Bas les voiles !".

La loi du 15 mars 2004 contre les signes religieux à l'école a permis de protéger quelque peu les plus jeunes filles. Toutefois, elle ne représente qu'un début. Il faudra bientôt s'occuper de l'université (il faut savoir que certaines jeunes femmes turques viennent faire leurs études supérieures en France car le voile leur est interdit à l'université en Turquie - mais pas ici...) et des lieux publics.

Yanelle

- Quand Le Monde 2 fait l'éloge de l'asservissement de la femme, par Michèle Vianès.

Non, le voile n’est pas un « phénomène français », comme le conclut le Monde 2 (numéro 134, 9 septembre 2006) !

Les héritières de Christine de Pisan, La Boétie, Gabrielle Suchon, Brantôme, Marie de Gournay, Louise Labé, Helvétius, Olympe de Gouges, Condorcet, Schoelcher, Louise Michel, Victor Hugo, Hubertine Auclert, Maria Deraismes, Simone de Beauvoir refusent tout symbole d’asservissement volontaire à Dieu, et en attendant de le rencontrer au ciel, d’assujettissement sur terre aux hommes.

Le « phénomène français » manifeste plutôt l’indignation face au port de tout signe qui entérine l’idée que les femmes seraient source de désordre, qu’elles n’auraient pas la liberté d’aller et venir dans l’espace public sans ce camoufler. Contrairement à ce qui se passe dans les pays « multiculturalistes » où le lien social entre tous et toutes n’est absolument pas l’objectif. Bien au contraire, il convient de séparer les communautés et de les laisser régler entre elles leurs modes de vie. Des femmes voilées dans la rue ne concernent absolument pas le reste de la population.

L’article relatant uniquement des interviews de porteuses de voile, avec en courte annexe l’opinion de Fadéla Amara, se prétend « grande enquête » ! C’est le rêve des tenants de l’islam politique d’imposer leur propre interprétation comme l’unique vérité révélée. L’appui du média français pour définir la tenue vestimentaire caractérisant la « bonne musulmane » est surprenant.

Accepter de nier sa féminité en public afin de protéger les hommes qui seraient incapables de maîtriser leurs pulsions à la vue du moindre bout de peau ou de cheveu féminin est sans doute de l’abnégation, mais sûrement pas du féminisme. Accepter de se dissimuler dans un bout de tissu pour représenter la « future épouse et mère musulmane idéale » est sans doute une « stratégie maritale », mais sûrement pas du féminisme. Accepter de revêtir le signe de la « rédemption » pour que les hommes aient à leur disposition la femme soumise rêvée qu’ils ne trouvent plus dans les pays d’origine, où les femmes seraient trop « délurées », c’est sans doute de la soumission, mais sûrement pas du féminisme ! Les féminismes affirment que les deux formes que revêt l’espèce humaine sont dissemblables et égales.

L’instrumentalisation du vocabulaire, la confusion volontaire créée autour de mots employés à contre-sens pour les dénaturer est caractéristique des totalitarismes. Prétendre à l’émancipation lorsqu’on reproduit les manifestations les plus archaïques et claustrantes de l’oppression des femmes pourrait être risible. « Le voile va donc faire passer la musulmane dans l’anonymat le plus total : être musulmane, c’est vivre incognito[1] ». Mais l’objectif poursuivi est de dénoncer l’émancipation des femmes comme un phénomène occidental. Elle serait, à ce titre, contraire à l’islam !

N’étant pas à une contradiction près, alors qu’elles portent un signe, un stigmate, volontairement, elles s’offusquent d’être stigmatisées !

Les porteuses de voile le revendiquent au nom de la liberté de choix « jusqu’au bout ».
Non, la liberté a des limites. Une liberté sans limites engendre la loi du plus fort, du plus riche, du plus vociférant, du plus manipulateur. Dans la devise républicaine, la liberté est associée à l’égalité et à la fraternité parce que la fraternité républicaine empêche la liberté d’engendrer des privilèges et l’égalité d’engendrer l’oppression. Prétendre que tout se vaut et s’équivaut, ignorer que la liberté des uns s’arrête où commence celle des autres, que le choix personnel n’est pas un droit, c’est refuser les principes fondamentaux de la République française.

Imposer dans l’espace public la nécessité pour les « bonnes musulmanes » de se cacher, donc une séparation visible dans l’espace commun, entérine l’idée d’une différence fondamentale entre les « bonnes musulmanes » et les autres. Cela engendre des représentations des femmes, aussi bien par les filles que par les garçons, totalement contradictoires avec le principe constitutionnel d’égalité entre les hommes et les femmes. Cela enferme les personnes dans une unique identité religieuse. Les ravages de cette séparation sont dramatiques dans les pays multiculturalistes, tels la Grande-Bretagne ou les Pays-Bas, qui voudraient dorénavant affirmer un socle de valeurs communes.

Si les intérêts particuliers priment sur l’intérêt général, comment s’étonner ensuite de l’absence de lien social avec la communauté nationale, du non-respect des règles essentielles du vivre ensemble dans la République?

Le port du voile manifeste un pur et simple refus des principes républicains et une tentative de désintégration de l’espace commun.

article paru dans Respublica n°470


- Lire auusi l'intervention de Michèle Vianes contre le voile islamique

- La loi sur les signes religieux à l'école : qu'en est-il de l'accompagnement scolaire ?Chaleur étouffante ce mardi 13 juin à Thoiry. Les 80 enfants de mon école maternelle, sac à dos et chapeau sur la tête descendent des cars après la visite de l'espace animalier de Thoiry. Direction le parc du château. Une trentaine de cars stationnent déjà sur le parking.

Il y a beaucoup d'élèves. Parmi les adultes qui encadrent les groupes, les enseignants, plus directifs, sont facilement identifiables. Comme les adultes qui accompagnent les classes, ce sont d'ailleurs majoritairement des femmes. Certaines ont une tenue décontractée de circonstance (short ou pantalon léger, etc.) mais ce qui est frappant c'est qu'un bon nombre de ces accompagnatrices sont couvertes des pieds à la tête et qu'elles portent le voile. Cela me choque et me consterne mais je reste discrète et ne dis mot.
 
Une mère d'élève de ma classe ne tarde pas à exprimer ouvertement son étonnement : « pourquoi voit on tant de femmes voilées dans les sorties scolaires ? ». L'aide maternelle, avec laquelle je travaille et qui n'a pas peur de dire tout haut ce que beaucoup pensent tout bas, s'énerve un peu : « Les enfants savent bien que les mamans s'habillent comme ça parce qu'elles sont musulmanes, ils comprennent bien qu'elles sont différentes et que c'est pas drôle pour elle quand il fait aussi chaud ! ». Je ne peux m'empêcher de penser (comme elle sans doute) qu'en acceptant les mères voilées dans les sorties scolaires, l'école contribue à véhiculer une certaine image de la femme, image de la femme soumise, celle qui cache sa féminité, celle qui souffre en silence. Un malaise partagé s'installe. Vivement intéressée par notre conversation qui se voulait discrète, une autre mère d'élève me demande ce qu'il en est de l'application de la loi contre les signes religieux à l'école publique arrogeant qu'il est quand même peut probable que toutes ces écoles en visite à Thoiry ce 13 juin soient (sauf la nôtre) des école privées. Je n'ai pas de réponse. Il n'y en a pas d'officiel. Aucun texte ne stipule que la loi du 15 mars s'applique aussi dans le cadre des sorties scolaires. Il est simplement dit, dans la circulaire d'application de cette loi, que « les directeurs d'écoles ont le devoir de s'assurer des qualités morales et laïques des intervenants ». Que peuvent faire les enseignants et les chefs d'établissements avec de telles directives ? Laisser les voilées investir l'école publique de peur d'être traités de racistes comme cela a eu lieu à Montreuil par les communautaristes d' « Une école pour tous » ? Monsieur Brard, député maire de Montreuil avait, en effet, eu l'audace d'envoyer aux directeurs d'école de sa ville, une lettre précisant que « les accompagnateurs des sorties scolaires ne devaient pas afficher leurs croyances » étant considérés, dans ce cadre précis, comme des « agents bénévoles de l'Education Nationale ». En décembre 2004 déjà, plusieurs directeurs d'établissements scolaires de Nanterre avaient été conspués par les mères voilées du Collectif pour la Dignité des Mères Parents d'Elèves (CDMPE) qui prétendaient être les victimes d'une discrimination raciste car non admises dans les sorties scolaires.
 
Moi je dis bravo à ceux qui ont le courage d'intervenir par le pouvoir de leur fonction, qu'ils soient élus, directeurs d'écoles ou simples enseignants, pour empêcher la prolifération du voile dans l'espace public. L'absence de directive précise au sujet de l'accompagnement scolaire, renforcée par la position de la FCPE et des syndicats d'enseignants comme le SNUipp qui se sont opposés à la loi contre les signes religieux, laissent les enseignants démunis et en proie aux pressions des islamistes qui cherchent à investir l'espace de l'école publique dans certains quartiers en faisant admettre que le voile n'est rien d'autre qu'un élément de la diversité culturelle française.
 
Il est question de bien autre chose que du droit au respect des différences ou de l'aide à l'intégration que les enseignantes pensent apporter aux mères voilées en les faisant sortir de chez elles. Les femmes musulmanes qui ont acquis leur liberté par un combat quotidien contre les traditions et les croyances d'un islam radical qui opprime et asservit ne peuvent comprendre ces discours véhiculés par une gauche communautariste qui fait le jeu des intégristes de tout poil. Et que dire de l'Education Nationale impuissante à faire face aux demandes de soutien formulées par les profs et chefs d'établissements qui subissent intimidations, chantage et lettre d'accusation pour discrimination raciste ? Que de lâcheté ! En tant que femme, en tant que mère et en tant qu'enseignante, je dis qu'il est inadmissible que les choses continuent ainsi. L'école n'est qu'un aspect de la réalité. Je ne supporte plus de voir des femmes, dans la rue, transformées en Belphégor. Je ne supporte plus ces images qui, à l'époque de l'Afghanistan des talibans, avaient ému la France entière. Aujourd'hui, dans trop de quartiers, elles sont devenues une réalité. Je ne supporte plus de voir des gamines de plus en plus jeunes voilées, et je ne supporte plus l'absence de réactions de la société toute entière, devant ce que je considère une agression contre mon histoire, mes combats, mes valeurs. Est-ce être sévère et injuste d'affirmer que l'islam radical avance en même temps que diminue la surface visible du corps des femmes musulmanes? Des hommes et des femmes ont lutté depuis des siècles pour que l'égalité entre les sexes soient admise comme un progrès universel. Nous n'avons pas le droit, aujourd'hui en France, de laisser, au nom de ces luttes historiques, au nom de toutes celles qui souffrent et luttent en Iran et ailleurs, l'intégrisme religieux prendre le pouvoir sur les femmes. Il faut protéger les femmes musulmanes du port de cet uniforme réactionnaire, et celles qui veulent le porter le font chez elles ou à la mosquée.
 
Il ne me convient pas que cela soit le seul Myard, député de la droite catholique, qui pose cette question. Je n'ai pas d'illusion sur le maire de Maisons-Laffitte, je connais ses pratiques et sa complaisance avec les écoles privées dans sa ville, et sa conception de la laïcité est celle de Villiers, qui combat l'islam au nom de la guerre des civilisations. Mais qui osera, à gauche, proposer une loi pour limiter le port du voile, l'interdire aux mineurs et prohiber la burka partout en France ? Au nom de la défense et de la dignité de la moitié de l'humanité ? Certains amis me disent que cela serait une laïcité à la turque, et qu'il ne faut pas aller sur ce terrain. Moi, j'amalgame le voile à l'iranienne et les burkas à des tenues militantes et prosélytes, j'en ai marre d'en voir de plus en plus, je ne veux plus être agressée par cela, et j'en ai assez qu'il ne se passe rien autour de ces tenues insultantes pour les femmes.
 
Brigitte Bré Bayle
paru dans Respublica n°453