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Textes de Robert Albarèdes

Pourquoi tant d'acharnement ... contre la loi de 1905 ?
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Défendre la laïcité


CONTRE LE RAPPORT MACHELON
La Résistance s’organiserait – elle ?
texte du 28/10/06

Saluons le communiqué de presse du 26/10/06 commun à 16 députés (4 PS, 4 UDF, 4 PC, 4 UMP) s’opposant vigoureusement aux conclusions du rapport Machelon (commandité par le ministre de l’Intérieur), et réitérant leur attachement à une application stricte et rigoureuse de la loi de 1905, institutionnalisant une laïcité « fondement de notre pacte républicain ».

Saluons le d’autant plus qu’il montre bien que la défense de la laïcité et la reconnaissance de ce principe fondateur comme mode d’organisation et de fonctionnement de notre société transcendent les clivages politiques traditionnels et concernent chacun d’entre nous, comme individu légitimé à vivre librement , sereinement et à égalité avec l’autre, ce qu’il est ; comme individu appartenant au Tout qui l’organise dans le strict respect de la loi générale dominant toutes les lois particulières d’un groupe, d’une croyance, d’une coutume.

Saluons le aussi parce qu’il corrobore les analyses que les « Laïques en Réseau » ont pu faire de ce rapport, qui s’efforce de vider de sa substance la loi organique en supprimant son article 2 et en effaçant son article 19 par la transformation des « associations cultuelles » en « associations culturelles , sociales , voire d’utilité publique », de manière à leur permettre l’accès à l’argent public .

Saluons le enfin car il montre que rien n’est encore gagné pour ceux qui ont comme volonté avouée ou cachée de « toiletter » une loi qui les gêne pour construire l’espace politique européen à l’anglo-saxonne dont ils rêvent , en déstructurant la nation par une régionalisation exacerbée , en émiettant l’espace sociétal en communautés fermées et concurrentes .

Saluons le, mais… surtout, engageons le combat…comme le font « Les Laïques en Réseau » à travers le questionnaire qu’ils ont soumis aux candidats déclarés et/ou potentiels à la future élection présidentielle, questionnaire destiné à les faire se prononcer nettement (oui / non) sur des questions précises et fermées, caractérisant de manière concrète ce qu’est la laïcité dans notre quotidienneté…

Première étape indispensable pour que chaque candidat affirme sa position face à l’érosion du socle laïque de notre République que prépare le rapport « Machelon », mais qu’organisent aussi les pratiques gestionnaires des élus locaux et territoriaux socialistes, enclins à anticiper les conclusions de ce rapport en prenant en charge financière la construction de lieux de culte, affublés souvent d’oripeaux culturels !

On connaît, en ce domaine, les exemples accablants de Rennes, Montpellier ou Paris…On ignore parfois qu’il y a les mêmes exemples au Mans (subvention à un abattoir réservé aux musulmans), à Ste Geneviève des Bois (centre culturel/cultuel islamique pour 1 million d’euros), à Alfortville(projet de mosquée pour 650 000 euros, terrain donné en sus)…On a oublié ceux d’Evry ou de Lille !

Alors, devant de telles pratiques coutumières qui gomment l’article 2 de la loi de 1905 (et surfent sur les ambiguïtés des textes l’édulcorant en permanence), on est en droit de se demander ce qu’en pensent les candidats à l’investiture socialiste…On est en droit de se demander si Jean Glavany, au nom du PS, dans sa proposition de loi sur la laïcité déposée le 29/06/06 (et qui sera portée par le projet socialiste) a prévu l’application stricte et rigoureuse de cet article 2 ….

Que nenni !!!

Les impétrants socialistes, lors du débat du 24/10 dernier, n’ont fait aucune allusion à ces faits ni affirmé qu’ils en interdiraient la pratique…Quant à la proposition de loi, elle n’évoque en rien cette situation, oublie de citer expressément et de manière juste l’article 2, n’évoque nullement la nécessité de réserver l’argent public à l’espace public … Pire, à propos du concordat Alsace-Moselle, elle préconise, dans les écoles, l’enseignement de l’islam… sans doute par des imans payés sur les deniers publics comme les prêtres !

Rapport « Machelon » - Proposition de loi socialiste - silence dans la campagne électorale- pratiques gestionnaires d’élus de tous bords : le système est mis en place, qui conduira à l’effacement progressif des principes fondamentaux portés par la loi institutionnalisant la laïcité…

Voilà qui justifie le bien-fondé de l’action menée par « Les Laïques en Réseau ».
Voilà qui justifie le rassemblement sans exclusive des défenseurs de la laïcité en ses principes essentiels.
Voilà qui justifie la prise de parole, haute et ferme, nécessaire, des laïques républicains face aux dérives constatées et aux projets refoulés (pour le moment) des politiciens de tous bords auxquels il va falloir rappeler que le gain électoral qu’ils espèrent obtenir du côté des communautaristes et autres intégristes religieux peut devenir un solde négatif face à la déferlante de la « majorité invisible » qu’ils voudraient ignorer .

Fait le 28/10/06, par Robert Albarèdes

voir aussi "Des députés publient un communiqué critiquant le Rapport Machelon"


OUI …. Que font les défenseurs de la laïcité ?
texte du 26/10/06

« Pourquoi n’arrivons-nous pas à coordonner nos forces… ?» s’est interrogée à haute voix Anne Zélensky dans le dernier numéro de « Respublica ».

Pourquoi les défenseurs de la laïcité sont-ils incapables de conduire des actions unies d’ampleur nationale quand l’islamisme s’insinue dans notre quotidien, quand l’obscurantisme montre une « résistible » progression, quand les politiciens de tous bords s’efforcent de contourner la loi de 1905 pour en bafouer les principes, quand les dérives communautaristes se font de plus en plus nombreuses ?

Pourtant, des foyers de résistance existent : les uns soutiennent un professeur de philosophie pourchassé par une « fatwa »liberticide ; d’autres luttent pour empêcher la venue d’un prédicateur apologiste de la soumission de la femme ; d’autres encore soutiennent le combat d’un laïque marocain dans sa juste demande d’asile politique ; d’autres enfin oeuvrent pour refuser l’installation d’un monument religieux sur l’espace public d’une petite ville bretonne…
Tous ces combats sont honorables…utiles…nécessaires.
Il faut les mener et les faire aboutir victorieusement.
Ils aident également à la prise de conscience indispensable de nos concitoyens, trop souvent tenus dans l’ignorance de ces tentatives de délitement de notre espace laïque.
Ils montrent l’extrême complaisance et la grande complicité des politiciens de tous bords , plus prompts aujourd’hui à dénaturer le principe laïque qui nous organise qu’à le rendre efficient et à le consolider.

Oui….Mais tous ces combats se mènent défensivement, une fois la décision de violation du principe laïque prise, dans le but de s’opposer à une dérive décidée…. Alors que le combat de défense du mode d’organisation et de fonctionnement laïques de notre société doit se mener « en amont », directement dans le champ du politique, face à ceux qui prétendent, un jour, gouverner…

Lors de leur débat du 24 octobre dernier, les prétendants à l’investiture socialiste ont fait assaut de déclarations tonitruantes à propos de la laïcité, qu’ils ont chacun qualifiée « d’intouchable »…

Oui… mais quoi sur l’affaire « Redeker » ?
mais quoi sur la dilapidation de l’argent public, à Paris, Rennes ou Montpellier (municipalités socialistes) dans la construction de lieux de culte « déguisés » pour mieux contourner la loi organique ?
mais quoi sur les pratiques communautaristes soutenues par trop d’élus (de tous bords) qui tendent à déstructurer l’espace commun laïque ?
mais quoi sur la proposition de loi qu’ils ont signée (et déposée le 29 /06 /06) et qui ne prévoit ni l’extension de l’application de la loi de 1905 à l’ensemble du territoire, ni l’application ferme et totale du principe « argent public pour le seul espace public », ni la suppression des textes qui ont limité la portée de la loi, et qui laisse dans l’ombre le financement des lieux de culte ou celui des espaces culturels sous lesquels ils se cachent souvent…

Quoi…sinon le silence !

Aurais-je ici la cruauté de qualifier ce silence « d’éloquent » parce qu’il est celui de candidats potentiels au siège de premier responsable de la République ?

Alors, oui, il faut défendre la laïcité, et ce combat est entre nos seules mains ! Se mettre ensemble et agir !!!

« Les Laïques en Réseau » (laiquesenreseau@club-internet.fr) - qui tentent de regrouper toutes les structures, sans exclusive, qui ont la laïcité comme préoccupation première - lancent une initiative qui peut permettre ce rassemblement actif :
Ils viennent d’adresser à tous les candidats déclarés à l’élection présidentielle un questionnaire précis et concret, loin des simples déclarations d’intention, pour les amener à se déterminer sur ce qui fait la laïcité dans le réel et « au quotidien ».
Répondront-ils ?... Peut-être, mais l’essentiel est ailleurs, dans notre capacité à populariser ce questionnaire, notre volonté à le rendre vivant en chacun de nos concitoyens, notre désir de nous en servir pour mener une campagne d’information multiforme face aux électeurs, notre aptitude à en faire le moyen d’expression de la « majorité invisible » des laïques et républicains qui constitue le peuple de France.

L’efficacité de cet outil de défense et du renforcement du principe laïque fondateur de notre République sera celle que nous, ensemble, sauront lui donner.

Et de cette efficacité dépend le maintien et le renforcement du socle laïque de notre République.

Fait le 26/10/06, par Robert Albarèdes


RAMADAN obligé
COMMUNAUTARISME larvé !

texte du 16/10/06

En caillassant allègrement, dans la cour de son collège, une jeune élève qui mangeait tranquillement son sandwich au lieu de respecter le ramadan, (« La Croix » du 11/10/06) les quatre garçons de confession musulmane – dans le vent de la violence et de l’intolérance réunies – n’avaient peut-être pas conscience de la gravité de leur geste et de l’imbécillité de leur comportement…. Mais ils traduisaient dans une initiative extrême la pression religieuse et psychologique qui s’exerce, dans nombre de quartiers de nos villes, sur les adeptes d’une religion importée et qui pousse tous ceux qui se sentent « plus croyants que croyants » à imposer la loi que les textes qu’ils lisent et les responsables qu’ils écoutent évoquent comme universelle….

Car là est bien la véritable signification de ce qui est tout, sauf un banal fait divers mettant en scène des adolescents désoeuvrés et mal dans leur peau… L’obscurantisme religieux ici observé tend à s’imposer au sein de populations d’autant plus aptes à le recevoir qu’elles y sont poussées par les discours récurrents et absolvants de la bien-pensance « intellectuello-médiatique », par les manifestations permanentes de la repentance historico-ridicule (au fait, y avait-il des arabo-musulmans en « Algérie », au 6ème siècle ?), par les manipulations moralisatrices tissées autour de l’esclavagisme et du colonialisme (mais qui a mis en « coupes réglées esclavagistes » l’Afrique de l’Est, et jusqu’au début du 20ème siècle ?), par les gesticulations pseudo-philosophiques des « Ddddjamelll » de circonstance plus enclins à cajoler les monarques musulmans, laïques et démocrates (comme on sait), qu’à reconnaître ce qu’ils doivent au pays qui les a accueillis.

Et cet obscurantisme religieux produit un communautarisme – qui le féconde à son tour – d’autant moins rampant qu’il s’exprime au grand jour à travers de multiples comportements – et en de multiples lieux – imposés par une foi qui se veut conquérante et une coutume héritée d’un autre âge et d’une autre histoire… Car il y a « communautarisme » quand un groupe (ethnique, religieux ou de toute autre facture) prétend imposer à l’espace public – l’espace de tous – sa loi et son mode de fonctionnement, refusant de reconnaître la primauté de la loi générale, émanation démocratique de ce Tout….

Mais le plus grave est à venir : il est porté, à la fois, par les conclusions du rapport « Machelon » commandé par le ministre de l’intérieur, par la proposition de loi du PS sur la laïcité (déposée le 29 /06 /06), par les décisions quotidiennes des élus locaux et territoriaux de tous bords qui dilapident à qui mieux mieux l’argent public en subventionnant des lieux de culte affublés d’objectifs « culturels » ou « sociaux ». Car la conséquence immédiate des textes ci-dessus mentionnés et des pratiques ci-avant évoquées est la négation de l’article 2 de la loi de 1905, disparition qui ouvrirait la voie à la déferlante « communautariste »…

…Quand le maire de Rennes construit (pour 1,170 millions d’euros) « un centre culturel islamique » dont, précise-t-il, « la vocation sera d’accueillir différents publics de culture musulmane tout en permettant de développer les activités cultuelles et culturelles », la partie cultuelle étant laissée à l’appréciation de la communauté gestionnaire créée tout exprès, il ne fait que jeter les bases de ce qui est un véritable espace communautaire réservé à un groupe particulier, violant par là les lois fondamentales de notre République.

Et cet exemple concret pourrait être multiplié à l’envi, de Paris à Montpellier, de Marseille à Lyon, de Lille à Strasbourg, toutes villes où s’exprime, avec la complicité des élus locaux, les pratiques du communautarisme religieux le plus étroit… Jusque même dans les plus petites communes comme à Ploërmel où le maire veut faire s’agenouiller la population devant une statue monumentale de feu Jean-Paul II !!!

Alors ?

Les citoyens laïques et républicains de ce pays vont-ils encore longtemps accepter que les élus bafouent impunément la loi organique qu’ils sont censés respecter et protéger ?

Les citoyens laïques et républicains de ce pays vont-ils encore longtemps tolérer que des religieux rétrogrades (Ah ! le beau pléonasme…) tentent d’imposer leur loi étroite à la loi du peuple de France tout entier ?

Les citoyens laïques et républicains de ce pays vont-ils encore longtemps rester inactifs devant la poussée multiforme des communautarismes ?

Les citoyens laïques et républicains de ce pays vont-ils encore longtemps se taire devant la dilapidation de l’argent public (et l’alourdissement de la pression fiscale qui en découle) pour les besoins de quelques-uns, au détriment des besoins de tous ?

C’est le moment d’interpeller hautement les hommes et les femmes politiques de notre pays :

« allez-vous continuer à ignorer ce qui caractérise le mode d’organisation et de fonctionnement de notre société – la laïcité – pour espérer obtenir les voix des « minorités visibles » ?

« Sachez, alors, que nous agirons pour vous faire perdre les voix de la « majorité invisible » des républicains laïques… »

Fait le 16/10/06, par Robert Albarèdes


UNE STATUE DU PAPE
CONTRE LE STATUT DE LA REPUBLIQUE

texte du 10/10/06

La petite ville bretonne de Ploërmel se serait sans doute bien passée de la notoriété (sulfureuse ?) que lui confère la décision saugrenue de son maire qui se propose d’installer, aux frais des contribuables, au beau milieu d’un carrefour spécialement aménagé, une immense statue de feu Jean-Paul II surmontée d’une croix culminant à dix mètres, dans le plus pur style du « réalisme socialiste » de fâcheuse mémoire, élaborée par un artiste russe nostalgique apparent d’un temps révolu….

Outre qu’une telle érection (il ne fallait surtout pas manquer le mot…) viole l’article 28 de la loi de 1905, elle ne peut se réaliser que parce que la commune dirigée par Paul Anselin, apparenté UMP, a voté les sommes nécessaires à la construction du socle chargé de l’accueillir (100 000 euros !), à l’aménagement spécifique de l’espace-carrefour « récipiendaire », sans oublier les 30 000 euros dégagés pour assurer l’inauguration de l’ensemble à la fin de ce mois…. Et là, c’est l’article 2 de la loi de 1905 qui est bafoué.

Rendons grâces aux citoyens laïques et républicains de cette commune pour l’ action engagée contre une telle initiative, à travers une pétition populaire (à signer sur le site : www.mesopinions.com, ou par le biais de l’adresse : guillaume.veguer@wanadoo.fr) et en saisissant le Tribunal Administratif de Rennes pour faire annuler les délibérations municipales prises…. Et remarquons, pour finir sur une note humoristique, que l’Institut religieux des Frères de La Mennais, installé dans la commune, a refusé l’installation de cette « oeuvre d’art » dans le jardin privé de son établissement !!!

La décision de ce maire zélé – pour violation de la loi de séparation des Eglises et de l’Etat qu’elle soit - s’inscrit dans la longue liste des contournements de cette loi que s’autorisent les élus locaux et territoriaux de tous bords quand ils financent, ici, une mosquée « cachée », là une structure d’enseignement confessionnel « déguisée »… Mais elle préfigure surtout ce qu’il adviendrait dans nos communes si le rapport « Machelon », remis au ministre de l’intérieur le mois dernier, venait à accoucher d’une loi de « toilettage de la loi de 1905 » car il ne prévoit ni plus ni moins que la disparition de l’article 2 de la loi organique.

En conséquence, les impôts locaux pourraient servir à financer la construction des mosquées comme celle des églises presbytériennes ; l’édification des écoles coraniques comme celle des associations confessionnelles de toutes sortes ;la mise en place d’espaces d’assistanat social soumis à une croyance quelconque ou une communauté particulière. D’une manière plus générale, les impôts locaux pourraient servir à satisfaire les intérêts particuliers de certains au détriment de l’intérêt de tous…

Quand on sait que nos communes ont des besoins considérables en tous domaines, il y a de quoi s’indigner de savoir qu’elles pourraient les sacrifier au profit de demandes émanant de communautés fermées, religieuses ou non….

Quand on sait combien le poids de l’impôt local devient de plus en plus important chaque année qui passe, il y a de quoi s’indigner quand on apprend qu’il pourrait s’alourdir encore plus pour des besoins privés, confessionnels ou non…

Quand on sait que les élus locaux passent une partie de leur temps à se plaindre des charges indues qui pèsent sur les budgets communaux et territoriaux, tout en déplorant la faiblesse de leurs ressources, il y a de quoi s’indigner quand on devine qu’ils pourraient se voir imposer là un nouveau poste d’accroissement de leurs dépenses de fonctionnement et d’investissement…

« Toiletter » la loi de 1905, c’est - selon le rapport « Machelon » et l’attitude commune de trop d’élus - la vider de sa substance par la suppression de son article 2 : « La République ne reconnaît aucun culte, elle n’en salarie ni ne subventionne aucun » et ouvrir la voie à la déstructuration de notre société qui s’émietterait en ensembles communautaires concurrents. Quelles que soient les motivations cachées qui poussent le personnel politique de ce pays, cela demande – au moins- un débat public et une initiative référendaire.

Les campagnes électorales qui s’ouvrent doivent être utilisées par tous ceux qui ont à cœur de défendre et de conforter le principe fondateur de laïcité pour intervenir, avec force, sur la Place Publique.

Fait le 10/10/06, par Robert Albarèdes


PARIS, RENNES, MONTPELLIER :
Les Maires Socialistes anticipent le Rapport « Machelon »…

texte du 06/10/06

Pendant que Bertrand Delanoë contorsionne « son cerveau » pour tenter de contourner la loi de 1905 afin de financer (pour 10 millions d’euros, terrain offert en sus) la construction d’une mosquée déguisée en « institut des cultures musulmanes » (« Marianne » du 30/09), Edmond Hervé inaugure un centre culturel islamique entièrement payé par la commune (1 million d’euros, terrain offert en sus) tout en affirmant qu’il était « normal » que les religions « aient (son) soutien et (sa) participation » (sic !!!), et Georges Frèche se fait renvoyer « dans les cordes » (pas assez malin, sans doute . . .) par le Tribunal Administratif de Montpellier qui annule sa subvention du 28/01/02 destinée à appuyer l’édification d’une mosquée « insuffisamment masquée ». . .

Les impôts locaux et territoriaux doivent-ils servir à construire et entretenir, aujourd’hui, les mosquées (et annexes « coraniques » d’enseignement et d’action sociale)… et demain les églises (catholiques, presbytériennes, orthodoxes… et autres), les temples (solaires ou non), les pagodes… ou tout autre lieu de culte « païen » qui renaîtrait de ses cendres ?…

Les impôts locaux et territoriaux doivent-ils satisfaire les intérêts de certains (que ces certains soient religieux, idéologiques ou mercantiles) au détriment de l’intérêt de tous ?…

Les impôts locaux et territoriaux doivent-ils permettre l’émergence d’espaces privés (appelés lieux de culte, ou de culture ou de rencontres au gré des turpitudes inventées pour détourner le loi générale.) où va s’exercer la loi d’une communauté et s’épanouir un prosélytisme aliénant ?…

Les impôts locaux et territoriaux ne sont-ils pas suffisamment pesants, et les besoins de nos populations dans leur ensemble suffisamment criants en tous domaines pour ne pas les augmenter encore avec une charge indue et illégale ?...

Quels hypocrites que ces élus qui crient un peu partout que les communes sont « étranglées » et qui votent des crédits exorbitants pour des projets que la loi de 1905 interdit !!!!

« La religion n’est pas un service public » écrit fort justement Henri Péna-Ruiz… et, à ce titre, si la loi prévoit qu’elle peut s’exercer librement et en toute sécurité, c’est en elle qu’elle doit trouver les moyens de le faire.

En elle et en ses fidèles, seuls !

« Je veux l’Etat chez lui, et l’Eglise chez elle » disait déjà Victor Hugo…

Et la loi de 1905 précise : « la République ne reconnaît aucun culte, elle n’en salarie ni ne subventionne aucun ».

Et c’est justement cet article 2 que le rapport « Machelon » (commandé par le ministre de l’intérieur et des cultes) préconise de supprimer… pour faire ainsi rentrer, par le biais financier, les églises dans un espace public d’où la loi les avait chassées.

Et c’est justement cet article 2 que les élus socialistes (dans leur majorité) s’évertuent à contourner (Ah ! les vertus culturelles d’une école coranique !!!) pour préparer son effacement et pour dilapider l’argent public, espérant ainsi se ménager une clientèle électorale….

Si nous n’y prenons pas garde, si nous ne réagissons pas, une fois les élections passées, (et quel qu’en soit le vainqueur) nous allons voir surgir – sous la pression des églises rassemblées : catholique, protestante, musulmane et autres – des demandes réitérées et agressives de suppression de la loi de 1905 (car gommer son article 2 c’est l’effacer en entier), demandes s’appuyant et sur le rapport établi et sur la pratique quotidienne des élus de tous bords.

Par delà le caractère illégitime qui consisterait à attribuer l’argent de tous à simplement quelques-uns, cela permettrait la mise en place de structures communautaristes où les modes d’organisation et de fonctionnement interne s’imposeraient à la loi générale et enfermeraient les individus dans un espace clos, coupé de l’espace public où s’exprime l’intérêt collectif. Mosaïque d’ensembles fermés et repliés sur eux-mêmes, l’espace social deviendrait le lieu de la concurrence et de l’affrontement entre eux sans que ne puisse s’exprimer l’unité nécessaire au combat politique et social. Vision extrême,… voire !

Car cette société-là – à l’opposé de l’espace sociétal et politique laïque et uni : « la République est une parce qu’elle est de tous » -- est,en fait, celle que nous promet l’Europe politique qui se met en place, déstructurant aussi bien la réalité de la Nation que l’unité de la société de chacune de ces nations. Ce n’est pas par hasard que les deux partis de gouvernement (et leurs candidats potentiels) ont appelé au « oui » en mai 2005.

A nous de nous unir et de résister .

Fait le 06/10/06, par Robert Albarèdes


CONFUSION et DANGERS
Lecture raisonnée du projet de loi socialiste sur la « laïcité »,

texte du 23/08/06

Le 29 juin dernier, Jean Glavany, au nom du Parti Socialiste, a déposé sur le bureau de l’Assemblée Nationale, un projet de loi visant à « promouvoir la laïcité dans la République ». . . Cette démarche, faite presque « en catimini » en un moment où s’exaspèrent les tensions contre le socle laïque de notre République, semble vouloir « étouffer » dans l’œuf toute réflexion, toute analyse, toute proposition - autres que celles qui fondent ce texte législatif - susceptibles de rendre efficient le principe de laïcité tel qu’il ressort du texte fondateur de 1905 et « évacue » , de fait, ce thème du débat électoral qui s’engage, comme s’il s’agissait de « faire l’impasse » sur ce qui pourrait fâcher, en particulier du côté de ces élus (et ils ne sont pas tous « de droite ») qui, tous les jours, bafouent les conséquences de la loi en dilapidant l’argent public dans des subventions à des structures directement ou indirectement confessionnelles ou privées.

Ce qui frappe, d’abord, dans ce texte, c’est la confusion (savamment entretenue ?) qui mêle à la notion de « laïcité » (jamais définie . . .) « la mémoire de l’immigration », la « création d’un service civique national », l’action d’une « haute autorité de lutte contre les discriminations et les exclusions », toutes structures peut-être utiles, mais qui relèvent de décisions politiques et administratives concrètes dont la réalité ne peut se justifier que si on a, au préalable, précisé ce que ces notions recoupent et en quoi elles se rattachent à la laïcité dont il convient de bien fixer les contours.

Car c’est de cela dont nous avons besoin aujourd’hui, en un moment où les interprétations les plus pernicieuses, jouant sur les subtilités du vocabulaire, tendent à faire oublier l’essentiel représenté par les principes de la loi de 1905 :

Article 1 : La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées dans l’intérêt de l’ordre public.

Article 2 : La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte.

Or, si la loi est citée dans le préambule du projet de loi socialiste, son contenu disparaît dans le corps du texte, ne réapparaissant que dans les motifs, à travers un article 2 évoqué de manière erronée et lu à contresens par les auteurs du projet car donnant à la République mission d’organiser l’exercice des cultes. . .

D’ailleurs, apparaît comme révélatrice une autre absence, celle du rappel d’une conséquence essentielle des principes de la loi originelle : la réservation à l’espace public de l’argent public.

La phrase n’est jamais écrite, comme n’est jamais évoquée la stricte séparation de l’espace public – où agit la loi générale libérée des contraintes particulières de quelque nature qu’elles soient - et de la sphère privée – où s’exerce le choix individuel d’idéologie et de religion. On comprend qu’un parti qui a, dans ses rangs, des élus qui, comme à Rennes ou à Evry, s’échinent à détourner la loi de 1905 pour subventionner allègrement des réalisations cultuelles sous les prétextes les plus divers, répugne à s’engager sur ce point !

Il est vrai que le domaine de la gestion locale, territoriale et nationale semble bien loin des préoccupations des rédacteurs de ce texte, puisqu’ils n’envisagent même pas – alors qu’ils le présentent comme « concret » - de demander aux élus et représentants de l’Etat le nécessaire respect de la laïcité, dans leur gestion comme dans leur fonction de représentation.

Mais le plus important reste que jamais n’est demandée (et organisée) l’application de la même manière de la loi de 1905 à l’ensemble du territoire de la République : ce n’est pas là un oubli de plume, mais l’aveu d’une attitude politique que les laïques ne peuvent que condamner. D’autant que, quand il est fait allusion à la situation particulière de l’Alsace – Moselle, c’est à travers le seul domaine scolaire où il faudrait, nous dit-on, remplacer la demande d’enseignement religieux par une « offre de cours religieux » au sein de la structure d’enseignement !!! On croit rêver : mais non, cette « offre » concerne également l’enseignement (sic) de l’islam. . . Si ce n’est pas ça, porter atteint à la laïcité et organiser le communautarisme religieux, qu’est ce que c’est ?

Un vrai projet laïque aurait inscrit, en toutes lettres, l’abrogation de toutes les situations particulières, écarté du domaine scolaire tout exercice de tout culte, et réfléchi aux étapes nécessaires pour assurer, partout et de la même manière, le rejet de toute religion de l’espace public. Il semble qu’une telle démarche excède les capacités réflexives des rédacteurs du projet socialiste. . . A moins qu’il y ait des raisons moins avouables auxquelles je me refuse (presque) de penser. . .

La propension de ce texte à accepter les perversions de la loi de 1905 transparaît parfaitement dans le chapitre consacré à l’Ecole, où il est admis , une fois pour toutes, que la République n’est pas apte à satisfaire le besoin d’enseignement de ses concitoyens. Ainsi ce projet de loi se contente-t-il de vouloir encadrer les aides à l’enseignement privé, plutôt que d’affirmer l’unité de l’enseignement qui doit être public, laïque et exclusif bénéficiaire de la ressource publique, plutôt que de poser en principe incontournable la présence de l’école publique partout sur le territoire. Réaffirmer les principes ne peut nuire : cela fonde, en fait, une perspective politique, même si la réalité « du terrain » peut obliger à des compromis limités dans le temps et à des étapes nécessaires pour atteindre le but fixé. . . Mais quand on ne se fixe aucun but. . . Ce chapitre s’honorerait à rappeler l’obligation de réserve des enseignants et des élèves dans les lieux d’enseignement (il y a beaucoup à faire. . .) ; la nécessité d’y respecter une stricte neutralité laïque par les discours comme par les comportements, quels qu’ils soient ; l’importance de veiller au contenu de l’enseignement, qui ne doit jamais être pris en otage par des velléités religieuses, idéologiques ou consuméristes ; le besoin d’une organisation et d’un mode de fonctionnement de ce secteur éducatif ne laissant place à aucune dérive communautaire, idéologique, mercantile. . .

Bref, un chapitre à revoir, nonobstant l’aspect positif retenu de conditionner les dispenses d’éducation physique à la décision d’un médecin agréé. . .

Un point, encore : l’enseignement du « fait religieux ». . . Le mot est à la mode, et on aurait été étonné de voir les socialistes n’y point souscrire. Cela mériterait débat, ou , tout au moins, réponse à des questions précises : qu’est ce qu’on enseigne ? comment on l’enseigne ? qui enseigne ?. . . Force est de constater qu’aucun éclaircissement n’est donné dans ce document « concret ».

Concret ? pas au point de s’attacher à préciser ce qu’est la liberté de conscience évoquée par la loi de 1905 : droit de croire, de ne pas croire, de ne plus croire, de croire autrement. . . Quand ces valeurs sont bafouées chaque jour sur le territoire de la République, il est pour le moins utile de les rappeler et d’organiser leur défense. . . De même qu’il est nécessaire de veiller à ce que la liberté de dire, d’analyser, de critiquer, de rejeter, de se moquer, (sous toutes ses formes) soit respectée, surtout quand on a des exemples quotidiens de sa mise en cause. Un texte qui se propose de « promouvoir la laïcité » et qui fait l’impasse sur ces caractéristiques fondamentales est, pour le moins, bancal . . .

Il devient lourd de dangers quand il omet d’intégrer dans son libellé le nécessaire respect du statut équivalent de l’homme et de la femme, et l’impérative obligation de le reconnaître et de l’imposer, par delà tous les prétextes.

Ce qui revient à mettre l’accent sur une autre lacune de ce projet, celle de ne jamais, dans tous les cas évoqués, placer en principe incontournable, la primauté de la loi générale sur la loi coutumière ou de toute autre autorité.

Et ce ne sont pas les deux premiers articles de ce texte qui pourront nous rassurer ! Ils semblent vouloir, en permanence, revenir sur la notion de laïcité - ah ! si on pouvait « l’ouvrir » au gré des demandes diverses – et se proposent de dessaisir les représentants du peuple de leur fonction de « garants » du principe laïque (par la mise en place d’un Observatoire National de la Laïcité dépendant du gouvernement). Or c’est au Parlement à sauvegarder le socle laïque de notre République, à élaborer la loi générale en adéquation avec ce socle laïque, à veiller à ce que ce socle soit, en permanence, conforté. S’il faut une structure nouvelle, c’est – à la place du « ministère des cultes » - un « ministère de la laïcité », responsable devant les élus de la nation.

Ambigu, confus, bâclé. . . Ces adjectifs ont été employés pour qualifier ce projet de loi. . . Ajoutons, dangereux et pervers, car il « capitule » devant le nécessaire effort de rétablissement du principe laïque dans toute sa dimension, et s’abstient d’ériger les barrières nous protégeant des tendances communautaristes. . . J’ajouterai, pour ma part, électoraliste, car il s’agit, la main sur le cœur, de jurer de son attachement à la laïcité (il ne faudrait pas que les électeurs puissent se poser des questions à voir les pratiques quotidiennes des élus et responsables socialistes. . .), tout en ménageant « les communautés » dont on sait que leur pratique électorale est celle du « groupe ». Dans une période aussi cruciale et où tout se joue « dans un mouchoir », ça peut servir.

Fait le 23/08/06, par Robert Albarèdes


ETAT D’ALERTE !
texte du 10/02/06

Le centenaire de la Loi de 1905 n’a donné lieu - de la part des plus hautes autorités politiques de notre pays - a aucun discours, aucun message, aucune parole montrant l’efficience historique de ce texte essentiel et sa modernité dans une France morcelée et hétérogène.

Dans le même temps, sous maints prétextes qu’elles habillent de la vêture ambiguë d’un « humanisme » qui cache mal qu’il n’est qu’un « humanitarisme », les Collectivités Territoriales - quelles que soient leur orientation politique - multiplient les aides directes ou déguisées à des structures religieuses, parfois masquées par des associations préfabriquées. Ainsi, la Communauté des communes d’Aix en Provence a-t-elle subventionné le synode national de l’Eglise Réformée de France (décision du 8 /12 /05), le Conseil Général des Côtes d’Armor vient-il de voter l’octroi de 110 000 euros par an (pendant 3 ans) à l’université catholique de l’Ouest, les collectivités territoriales de la région lyonnaise et la ville de Lyon ont-elles octroyé une subvention globale de 600 000 euros à la congrégation catholique « Communauté Sant’Egidio », la Mairie d’Evry a – t – elle apporté en dotation un terrain pour la construction de la mosquée…

Ces quelques exemples - qu’on pourrait compléter à l’envi tant les élus de tout bord s’entendent-ils pour bafouer les principes fondateurs de notre République (voir notre rubrique « la France anti-laïque ») - montrent que les hommes politiques de ce pays - toutes tendances confondues - ont décidé de vider la Loi de 1905 de sa substance et de s’engager dans une voie « concordataire » qui n’ose pas dire son nom. Car ils savent, ces politiciens professionnels, qu’ils ne peuvent agir franchement : 75 % des Français sont fortement attachés à la notion de laïcité et aux lois qui la fondent, aussi agissent-ils par petits pas, insidieusement, habituant les citoyens à des distorsions et des dérives de plus en plus nombreuses, de plus en plus affirmées, se réservant le droit de légiférer ensuite en s’appuyant sur l’accoutumance… et la future intégration politique européenne (qu’ils espèrent tous) dont on sait qu’elle ne pourra se faire, en ce domaine, qu’en écornant largement la Laïcité que notre peuple et notre Histoire ont su élaborer.

Il faut mettre en place un état de veille permanent face à tous ces manquements aux principes fondateurs de notre République ; agir vigoureusement pour montrer combien ces principes sont féconds et modernes, indispensables aujourd’hui ; engager les actions les plus puissantes contre ces élus qui bafouent les principes qu’ils sont chargés de garantir et mettre en échec leurs décisions dangereuses.

Fait le 10/02/06, par Robert Albarèdes


RÉAGIR FACE AUX ATTAQUES CONTRE LA MIXITÉ DANS L’ESPACE PUBLIC
texte du 16/01/06

On ne peut qu’être inquiet à la lecture du rapport produit par l’inspection de l’administration et publié le 16/01/06 à propos du refus de la mixité dans l’espace public que veulent imposer les musulmans les plus intégristes… malheureusement trop nombreux et actifs au point de contaminer la société en ses éléments les plus fragiles. La liste y est longue, que ce soit à l’hôpital, à l école, à l’université, dans les activités sportives comme dans les « quartiers », des manifestations recensées du refus d’accepter la mixité, des demandes de séparation hommes-femmes, des atteintes à la féminisation, du port d’insignes prosélytes, de la contestation des connaissances scientifiques et historiques… On doit être inquiet et vigilant, on doit aussi réagir et agir. Et d’abord au plan de la légalité : la loi française est la loi de Tous, elle est opposable à tous, elle doit être appliquée sans aucune complaisance. Aucune autre loi, venant d’une quelconque croyance ou d’une quelconque organisation, ne peut s’imposer à elle ; il n’y a que le peuple tout entier qui peut se prononcer pour un changement dans la loi générale. Ensuite, sur le plan des principes : aucun savoir (pour ne prendre qu’un exemple) ne peut être ignoré au nom d’une quelconque révélation ou d’un quelconque livre… La connaissance a les outils pour cerner les faits passés et présents ; elle se complète, se corrige, évolue au fur et à mesure que ses outils se perfectionnent, elle ne revient jamais aux mythes et aux légendes dont les significations réelles sont bien perçues aujourd’hui. Enfin, sur le plan de l’Homme lui-même, et de ses droits et devoirs, qui reconnaissent, en notre société, l’égalité parfaite de l’homme et de la femme, l’identité individuelle de chacun en dehors de toute primauté d’un quelconque groupe, l’expression libre et égalitaire de chacun dans le cadre de la loi de Tous, l’universalité de la loi du « laos ». Il convient que tous ceux qui souhaitent vivre et s’intégrer dans l’espace public français s’imprègnent de ces valeurs et acceptent de les reconnaître : elles fondent notre Laïcité. C’est une condition « sine qua non ».

Fait le 16/01/06, par Robert Albarèdes


LA LOI DE 1905 EST INTANGIBLE DANS SES PRINCIPES
texte du 9/01/06

Un discours insidieux, qui devient commun, est celui qui, sous prétexte que les conditions historiques (économiques, culturelles et cultuelles, politiques et sociales) ont changé, la Loi de 1905 doit être (au choix) modifiée, réformée, dépoussiérée, revisitée, toilettée…
Ce qui se cache derrière ces propos qui se veulent «réalistes» (et que le professeur Bruno Etienne est le premier à tenir, relayé par la caisse de résonance des média qui le suivent pas à pas), c’est en fait un traitement spécifique et privilégié accordé à l’Islam (dont la présence réelle et l’influence sont, pour le moins, exagérées) au nom d’un multi-culturalisme et d’un pluri-ethnisme qui constituent les bases du communautarisme le plus étroit et dangereux. La Loi de 1905 a, par avance, répondu à ce discours idéologiquement et politiquement pervers. Dans son intitulé, elle assure la séparation de l’Etat et des Eglises : le pluriel, ici, a une valeur totalisatrice qui renvoie à toutes les formes de la Religion, l’Islam étant visé, de fait, par cette terminologie.
De plus, dans ses principes, la Loi précise que : « La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte » ( article 2); l’utilisation insistante des formes négatives renvoie bien à toutes les religions ( donc… l’Islam !) dans leur sphère spécifique, sans qu’il n’y ait rien à ajouter ou à retrancher. Il convient de préciser ici que la Loi assure, au sein de la République, « la liberté de conscience », dont la liberté de religion n’est qu’un aspect : de ce fait, aucune religion - quelle qu’elle soit - ne peut revendiquer une place différente de celle qui est donnée à ceux qui ne croient pas (et que les enquêtes actuelles évaluent à 35 % de notre population). Ainsi, il est clair que l’émergence de l’Islam en France, du fait de l’afflux de populations immigrées qui ont des problèmes d’intégration (mais ça, c’est un autre problème…) ne change en rien la situation nationale, en ce sens où son culte est garanti par la Loi (article 1) dans le strict respect de « l’ordre public », c’est à dire de la loi générale, qui est celle d’une Laïcité pleine et entière où chaque Eglise reste « chez elle » (dans la sphère privée)…
Le discours pernicieux des apôtres de la modification de la Loi fait alors état d’une application partielle et imparfaite de celle-ci (raison de plus pour imposer son application pleine et entière, et agir en ce sens), du fait que beaucoup de Collectivités Territoriales utilisent l’argent public pour aider indirectement tel ou tel culte (il faut alors les dénoncer, œuvrer pour empêcher cette distorsion de la Loi, veiller à la stricte utilisation de l argent de tous qui doit être rendu à tous) ou de l’apport de capitaux étrangers pour construire des éventuelles mosquées en France. Ce dernier argument ne vaut pas : l’Islam doit trouver ses propres ressources pour construire et entretenir ses lieux de culte, la Loi est claire et garantit l’égalité entre toutes les familles de pensée (qui ne sont pas toutes religieuses), si l’Islam de France fait appel à l’argent étranger, c’est à l’Etat de contrôler ces flux de capitaux qui, d’ailleurs, ne se tariraient pas si l’argent public français venait, par extraordinaire, renflouer les caisses de ce culte…
De la même façon, c’est à l’Islam de France à assurer la formation de ses imams, à les « gérer » pour qu’ils restent dans les limites fixées par la loi générale (sinon l’Etat a suffisamment de moyens légaux pour la faire respecter), et, plus généralement, à veiller à ce que son culte s’insère dans l’ordre public (l’inverse étant exclu par la Loi institutionnalisant la Laïcité)…
Tout manquement à ces principes de la vie de notre société, tout manquement aux principes constitutifs de la Loi de 1905, serait l’ouverture d une première page d’un Concordat dont on ne sait aujourd’hui où cela nous mènerait.
On doit s’inquiéter de ces discours récurrents à propos de la révision de la Loi de 1905 : ils masquent, toujours, des motivations politiciennes, une préparation des esprits à la future intégration européenne affaiblissant le principe de Laïcité qui est le nôtre, une volonté cachée de réinsérer les Eglises dans le politique pour leur faire jouer un rôle dominateur et en exclure les pensées non religieuses… Chez certains, ces discours se parent d’un humanisme de façade qui assure à leur promoteur un « fonds de commerce » de « penseur à la page »…..

Fait le 09/01/06, par Robert Albarèdes