| ![]() accueil |
|
Enfin de bonnes nouvelles...
![]() accueil
|
La ville de Montpellier n'a pas à financer la mosquée locale
Par jugement rendu le 30/06/06, le Tribunal Administratif de Montpellier a annulé, en s'appuyant sur
l'article 2 de la loi de 1905, une délibération du conseil municipal de la ville
(datée du 28/01/2002) qui finançait la construction " d'une salle polyvalente à
caractère associatif et à vocation de réunions " dont il est apparu
qu'elle était,en réalité, une mosquée destinée à l'usage
d'une association musulmane de franco-marocains (" Le Monde " électronique du 26/09/06).
Il y a dans cet exemple la preuve de toute la duplicité déployée par des élus locaux et territoriaux (ici, PS et PC) pour transgresser la loi institutionnalisant la laïcité .... Et la vérification qu'il est (encore)possible de s'opposer à toutes les tentatives de détourner cette loi de son objet et de son but en exigeant la stricte application de ses principes essentiels définis, notamment, dans cet article 2... que le rapport " Machelon ", comme la proposition de loi du PS (en date du 29/06/06), souhaite effacer afin que l'argent public puisse servir à la construction et à l'entretien des lieux de culte , le rapport " Machelon " ( anticipé en cela par la pratique quotidienne des élus de toute sensibilité politique) proposant même que la notion de " lieu de culte " soit poussée jusqu'à y inclure celle de " lieu de culture et d'action sociale " . C'est d'ailleurs ce que confirment, dans l'article cité ci-dessus , et le responsable des cultes au ministère de l'intérieur et l'adjoint communiste montpelliérain en charge du dossier : la belle convergence que voilà !!! Ainsi, à les suivre , l'argent des impôts locaux et territoriaux devrait servir à financer les mosquées et les " temples solaires " , les écoles coraniques et les conciles presbytériens, les structures sociales musulmanes et les associations charitables juives.... Comme s'il n'y avait rien de plus urgent, de plus utile à tous, de plus essentiel à chacun, à financer dans nos communes ! Comme si la pression fiscale locale et territoriale n'était pas suffisamment forte avec ses quatre échelons administratifs constituant autant de fiefs pour les " sommités " politiques ! Comme si la collectivité locale et territoriale n'avait pas assez à faire avec la promotion du bien de tous pour se charger de ce qui ne concerne que la croyance de certains ! Car là est l'essentiel : ce qui n'est que de certains ne peut s'imposer à tous, et l'argent public n'a pas à être dévolu à autre chose qu'à ce qui concerne l'ensemble. Imaginons ici les cris d'orfraie que pousseraient les croyants de toutes les religions si l'autorité de la République se mettait à financer la diffusion de l'humanisme athée ou à promouvoir de quelque manière l'agnosticisme, alors qu'ils représentent un français sur trois (soit dix fois plus que la déclarée deuxième religion de France). L'initiative de la ville de Montpellier - à l'image des mêmes initiatives prises à Rennes, Evry, bientôt à Marseille. . .- conduit à justifier la destruction de l'article 2 de la loi de 1905 : " La République ne reconnaît aucun culte ", ce qui entraîne immédiatement la conséquence concrète : " elle n'en salarie ni subventionne aucun ".Tout est dit : il n'y a dans la République laïque ni athéisme officiel ni religion subventionnée ni croyance quelconque soutenue financièrement par la puissance publique. La demande actuelle, explicite ou implicite, portée aussi bien par l'UMP de M. Sarkozy que par le PS de Mme Royal ou le PC de Mme Buffet ,d'effacer l'article 2 de la loi conduit, de fait, à vider la loi de sa substance et permettre aux églises de réinvestir l'espace public tout en préparant, concrètement, la dérive communautariste de notre société. Que pourrait signifier d'autre que ce financement public des lieux de culte musulmans dont on sait qu'ils sont accompagnés d'écoles coraniques et d'espaces à vocation d'encadrement social ? Que pourrait-il signifier d'autre, sinon de faire correspondre à un espace politique européen déstructurant la Nation (Ah ! les appels à une totale régionalisation lancés par Mme Royal !) une société éclatée à l'anglo-saxonne où le choc des communautés s'imposerait au combat politique et social ? Que pourrait-il signifier d'autre, sinon de soustraire à la responsabilité publique des fonctions d'enseignement et de santé (par exemple) dévolues alors à des structures confessionnelles ? Face aux dérives actuelles, face aux dangers qui apparaissent, face à la collusion implicite de ceux qui prétendent gouverner, il ne reste à ceux qui souhaitent maintenir et renforcer le socle laïque de notre République (parce que, dans une société de plus en plus complexe c'est le seul moyen de mettre en équilibre chacun face au tout , et le tout dans toutes ses composantes sans que l'une ne domine l'autre) qu'à se rassembler pour porter la question de la laïcité au coeur du débat électoral et obliger les responsables politiques à garantir l'un des principes essentiels et fondateurs de notre République. Robert Albaredes |