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Enfin de bonnes nouvelles...

-Des députés publient un communiqué critiquant le Rapport Machelon
-La ville de Montpellier n'a pas à financer la mosquée locale
-Pas de mosquée à Aix-en-Provence pour le moment
-Des maires se rebellent contre la loi d'août 2004
-Fermeture des mosquées clandestines de Roissy
-Un tableau représentant la crucifixition enlevé du tribunal de Metz
-Le conseil municipal de St Etienne revient sur sa décision de donner le nom de Jean-Paul II à une place de la ville
-Proposition de loi de Jacques Myard contre les atteintes à la dignité de la femme
- La ville du Mans n'a pas à financer un abattoir pour les moutons de l'Aïd


Des députés publient un communiqué critiquant le Rapport Machelon

- FAIRE VIVRE LA LOI DE 1905 - Communiqué de parlementaires

*COMMUNIQUE DE PRESSE DE *

Pierre ALBERTINI (député apparenté UDF de Seine-Maritime) ///

Christian BATAILLE (député PS du Nord)

Jean-Pierre BRARD (député apparenté PC de Seine-Saint-Denis)

Michel CHARZAT (député PS de Paris)

Martine DAVID (députée PS du Rhône)

Nicolas DUPONT-AIGNAN (député UMP de l'Essonne)

Jacques DESALLANGRE (député apparenté PC de l'Aisne)

Muguette JACQUAINT (députée PC de Seine-Saint-Denis)

Maurice LEROY (député UDF du Loir-et-Cher)Lionnel LUCA (député UMP des Alpes-Maritimes)

Jacques MYARD (député UMP des Yvelines)

Robert PANDRAUD (député UMP de Seine-Saint-Denis)

Nicolas PERRUCHOT (député UDF du Loir-et-Cher)

Rudy SALLES (député UDF des Alpes-Maritimes)

Jean-Claude SANDRIER (député PC du Cher)

Philippe VUILQUE (député PS des Ardennes)

*Faire vivre la loi de 1905*

Le rapport sur la laïcité remis au Ministre de l’Intérieur Nicolas SARKOZY le 21 septembre est tout à fait surprenant tant les conclusions de la commission présidée par le Professeur MACHELON semblent taillées sur mesure pour satisfaire les exigences professées méthodiquement par les adeptes de la révision de la loi de 1905 et de la remise en cause de l'un des fondements historiques de notre Etat républicain et laïc :

  • *Possibilité pour les communes de subventionner directement la construction de lieux de culte sur leur sol
  • * Incitation faite aux cultes à saisir la justice en cas de difficultés à s'implanter dans certaines communes
  • * Mise en doute de " la portée constitutionnelle de l’article 2 de la loi de 1905, qui dispose que " la République ne reconnaît, ne salarie et ne subventionne aucun culte "
  • * Mise à mal de l’article 19 de la loi de 1905 en encourageant les associations à objet cultuel (lois de 1905) qui le souhaitent à se transformer, sans incidence fiscale, en associations culturelles (loi de 1901). Ainsi, les associations cultuelles n’auraient plus exclusivement à financer l’exercice d’un culte et seraient en capacité de financer des associations culturelles.
  • * Création d'une forme particulière de reconnaissance d'utilité publique pour les activités religieuses.

Si elles devaient être suivies d’effet, ces recommandations saperaient les fondements de la loi de 1905 notamment en introduisant le financement public sans plafonnement des lieux de culte et la banalisation des associations cultuelles.

La loi de 1905 affirme que la séparation des églises et de l’Etat résulte de la liberté de conscience qui est le socle de nos libertés.

Le " toilettage " de la loi de 1905 - tel qu’il est proposé - porte essentiellement sur deux articles " verrous " de l’étanchéité des rapports entre l’Etat et les cultes : l’article 2 qui dispose que " La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte " et l’article 19 qui définit le régime très spécifique des associations cultuelles pour bien les distinguer des associations de la loi 1901 et précise qu’elles " ne pourront, sous quelque forme que ce soit, recevoir des subventions de l'État, des départements ou des communes ".

La commission préconise que les associations cultuelles puissent exercer des activités sociales, culturelles et même obtenir la " reconnaissance d’utilité publique " !

La volonté d'utiliser les collectivités territoriales pour faire sauter le verrou du financement des cultes, au sens large du terme est en contradiction totale avec l'article 2 de la loi de 1905. Cela ferait évoluer notre système vers la délégation de la solidarité, de l'éducation, de la santé, etc. vers les communautés religieuses à la façon anglo-saxonne.

Sous prétexte d’assurer l’égalité des cultes, la commission Machelon propose que la République mette le nez dans les affaires des cultes. En faisant cela nous affaiblirions la République. Les préconisations de ladite commission déboucheraient sur l’établissement d’une citoyenneté à deux vitesses, ceux dont la croyance serait financée par les deniers publics et les incroyants qui seraient contraints de financer des choix individuels relevant exclusivement de la sphère privée.

  • Sur quelles bases les pouvoirs publics éliraient-ils les cultes méritant des financements ? Ils n’ont aucun moyen de vérifier les chiffres de fidèles affichés par les différentes églises.
  • Comment les pouvoirs publics choisiraient-ils entre les différents courants au sein des religions ? La République ne doit pas mettre le doigt dans cet engrenage infernal et dangereux.

Sombre perspective, d'autant que les mouvements sectaires à prétention religieuse s'engouffreraient dans la brèche sans coup férir !

Il suffit d'appliquer la loi, avec cohérence.

La laïcité est un des fondements de notre pacte républicain. Elle appartient à notre patrimoine national. Elle ne doit pas devenir un objet de confrontation politicienne. Le rapport Machelon démontre qu’elle et ne doit jamais être considérée comme définitivement acquise.

Ainsi que l’écrit Régis Debray : " La laïcité n’est pas une option spirituelle parmi d’autres, elle est ce qui rend possible leur coexistence, car ce qui est commun en droit à tous les hommes doit avoir le pas sur ce qui les sépare en fait. "

En réalité, la laïcité est la règle commune de la tolérance et de notre vouloir vivre ensemble au-delà de toute croyance ! Ce serait pure folie que de la remettre en cause.

CONTACT PRESSE : Gaylord LE CHEQUER Attaché parlementaire de monsieur Jean-Pierre BRARD Député de la Seine-Saint-Denis

Hôtel de Ville 93 105 MONTREUIL CEDEX

Tél : 01.48.70.69.90 Fax : 01.48.70.64.69

courriel : gaylord.lechequer@mairie-montreuil93.fr/

Site internet : http://www.depute-brard.org/



La ville de Montpellier n'a pas à financer la mosquée locale

Par jugement rendu le 30/06/06, le Tribunal Administratif de Montpellier a annulé, en s'appuyant sur l'article 2 de la loi de 1905, une délibération du conseil municipal de la ville (datée du 28/01/2002) qui finançait la construction " d'une salle polyvalente à caractère associatif et à vocation de réunions " dont il est apparu qu'elle était,en réalité, une mosquée destinée à l'usage d'une association musulmane de franco-marocains (" Le Monde " électronique du 26/09/06).

Il y a dans cet exemple la preuve de toute la duplicité déployée par des élus locaux et territoriaux (ici, PS et PC) pour transgresser la loi institutionnalisant la laïcité .... Et la vérification qu'il est (encore)possible de s'opposer à toutes les tentatives de détourner cette loi de son objet et de son but en exigeant la stricte application de ses principes essentiels définis, notamment, dans cet article 2... que le rapport " Machelon ", comme la proposition de loi du PS (en date du 29/06/06), souhaite effacer afin que l'argent public puisse servir à la construction et à l'entretien des lieux de culte , le rapport " Machelon " ( anticipé en cela par la pratique quotidienne des élus de toute sensibilité politique) proposant même que la notion de " lieu de culte " soit poussée jusqu'à y inclure celle de " lieu de culture et d'action sociale " . C'est d'ailleurs ce que confirment, dans l'article cité ci-dessus , et le responsable des cultes au ministère de l'intérieur et l'adjoint communiste montpelliérain en charge du dossier : la belle convergence que voilà !!!

Ainsi, à les suivre , l'argent des impôts locaux et territoriaux devrait servir à financer les mosquées et les " temples solaires " , les écoles coraniques et les conciles presbytériens, les structures sociales musulmanes et les associations charitables juives.... Comme s'il n'y avait rien de plus urgent, de plus utile à tous, de plus essentiel à chacun, à financer dans nos communes ! Comme si la pression fiscale locale et territoriale n'était pas suffisamment forte avec ses quatre échelons administratifs constituant autant de fiefs pour les " sommités " politiques ! Comme si la collectivité locale et territoriale n'avait pas assez à faire avec la promotion du bien de tous pour se charger de ce qui ne concerne que la croyance de certains !

Car là est l'essentiel : ce qui n'est que de certains ne peut s'imposer à tous, et l'argent public n'a pas à être dévolu à autre chose qu'à ce qui concerne l'ensemble. Imaginons ici les cris d'orfraie que pousseraient les croyants de toutes les religions si l'autorité de la République se mettait à financer la diffusion de l'humanisme athée ou à promouvoir de quelque manière l'agnosticisme, alors qu'ils représentent un français sur trois (soit dix fois plus que la déclarée deuxième religion de France).

L'initiative de la ville de Montpellier - à l'image des mêmes initiatives prises à Rennes, Evry, bientôt à Marseille. . .- conduit à justifier la destruction de l'article 2 de la loi de 1905 : " La République ne reconnaît aucun culte ", ce qui entraîne immédiatement la conséquence concrète : " elle n'en salarie ni subventionne aucun ".Tout est dit : il n'y a dans la République laïque ni athéisme officiel ni religion subventionnée ni croyance quelconque soutenue financièrement par la puissance publique.

La demande actuelle, explicite ou implicite, portée aussi bien par l'UMP de M. Sarkozy que par le PS de Mme Royal ou le PC de Mme Buffet ,d'effacer l'article 2 de la loi conduit, de fait, à vider la loi de sa substance et permettre aux églises de réinvestir l'espace public tout en préparant, concrètement, la dérive communautariste de notre société. Que pourrait signifier d'autre que ce financement public des lieux de culte musulmans dont on sait qu'ils sont accompagnés d'écoles coraniques et d'espaces à vocation d'encadrement social ? Que pourrait-il signifier d'autre, sinon de faire correspondre à un espace politique européen déstructurant la Nation (Ah ! les appels à une totale régionalisation lancés par Mme Royal !) une société éclatée à l'anglo-saxonne où le choc des communautés s'imposerait au combat politique et social ?

Que pourrait-il signifier d'autre, sinon de soustraire à la responsabilité publique des fonctions d'enseignement et de santé (par exemple) dévolues alors à des structures confessionnelles ?

Face aux dérives actuelles, face aux dangers qui apparaissent, face à la collusion implicite de ceux qui prétendent gouverner, il ne reste à ceux qui souhaitent maintenir et renforcer le socle laïque de notre République (parce que, dans une société de plus en plus complexe c'est le seul moyen de mettre en équilibre chacun face au tout , et le tout dans toutes ses composantes sans que l'une ne domine l'autre) qu'à se rassembler pour porter la question de la laïcité au coeur du débat électoral et obliger les responsables politiques à garantir l'un des principes essentiels et fondateurs de notre République.

Robert Albaredes




Pas de mosquée à Aix-en-Provence pour le moment

Le Maire UMP d'Aix-en-Provence, Maryse Joissains, refuse de donner son accord à la construction d'une mosquée dans sa ville. Elle affirme qu'il faudra d'abord que " les autorités s'expriment officiellement sur la loi de la chari'a, l'égalité entre les hommes et les femmes et la tolérance vis à vis des autres religions." (La Provence, 20/09/06).


Des maires se rebellent contre la loi du 13 août 2004.

Un vent de fronde souffle dans le camp laïque et chez les maires ruraux. Depuis des mois, ceux-ci réclament l'annulation de l'article 89 de la loi du 13 août 2004 sur la décentralisation, qui impose une participation financière pour les municipalités dont certains enfants sont scolarisés dans une école privée située sur une autre commune. Jusqu'alors, les mairies payaient un forfait communal pour le fonctionnement des écoles privées situées sur leur territoire, et seulement en cas d'accord spécifique pour les établissements installés dans une autre commune.

Chiffres : Avec 2 023 547 élèves, les effectifs de l'enseignement catholique sous contrat avec l'Etat sont en hausse de 0,1 % en septembre par rapport à 2005. 29 800 élèves ont été refusés dans l'enseignement catholique à la rentrée. En 2005, l'enseignement catholique, qui représente 97 % de l'enseignement privé, avait refusé 23 000 élèves. 17 000 refus ont été enregistrés en région parisienne, dont 2 200 dans un seul collège de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), 7 800 dans les académies de l'arc méditerranéen (Montpellier, Marseille, Nice), 1 200 dans l'Ouest, pourtant bien pourvu en établissements catholiques, et 1 100 dans l'académie de Strasbourg.
 
Remonté contre ce qu'il considère comme "un cadeau" à l'enseignement privé, le Comité national d'action laïque (CNAL) réagit par une campagne de sensibilisation. Des tracts vont être distribués par ses membres - la Fédération des conseils de parents d'élèves (FCPE), la Fédération nationale des délégués départementaux de l'éducation nationale, la Ligue de l'enseignement, le SE-UNSA et l'UNSA-Education - pour appeler "toutes celles et tous ceux qui partagent les préoccupations (du CNAL) à saisir solennellement les parlementaires de leur circonscription pour demander l'abrogation" de l'article controversé.
 
De son côté, Gérard Pelletier, le président de l'Association des maires ruraux de France, demande à ses adhérents de "ne rien payer sans accord délibéré". "C'est rendre service à notre République que d'aller systématiquement au contentieux, tout en demandant aux candidats aux élections diverses et futures de se positionner sur ce sujet", estime-t-il.
 
"COMPROMIS À L'ARRACHÉ"
M. Pelletier, maire (divers gauche) de Raze (Haute-Saône), en fait une position de principe : "Scolariser son enfant dans une école privée, c'est avant tout un choix personnel. Se tourner ensuite vers l'argent public communal pour le financement, c'est foncièrement inacceptable." L'édile avance également des arguments budgétaires : "On ne sait pas à l'avance quels sont les enfants qui seront scolarisés dans les écoles privées. Au bout du compte, il faudrait payer une facture qu'on n'aura pas pu prévoir." Contrairement aux élèves du public, qui doivent s'inscrire en mairie avant d'être scolarisés, ceux du privé n'ont pas cette obligation.
 
Au total, quelque 300 000 enfants de l'enseignement primaire du privé sous contrat sont scolarisés en dehors de leur commune de résidence. Selon les calculs effectués par le CNAL, la facture pourrait s'élever à 275 millions d'euros. Selon ceux de l'enseignement catholique, elle serait de 132 millions d'euros. S'ajoute à ce contentieux un alourdissement de la liste des dépenses que doivent prendre en charge les communes pour toutes les écoles privées sous contrat, soit au total "un cadeau au privé qui dépasserait 500 millions d'euros", estime le CNAL.
 
En février, celui-ci a attaqué, devant le Conseil d'Etat, la circulaire du 2 décembre 2005, qui détaille l'application de l'article de loi controversé. Dans l'attente de la décision, un compromis a été trouvé entre le ministère de l'intérieur, l'Association des maires de France (AMF) et l'enseignement catholique. Il prévoit qu'on ne pourrait demander plus à une commune pour une école privée que pour une école publique. Concrètement, un maire devra payer pour le privé s'il n'a pas d'école sur son territoire, si ses capacités d'accueil sont insuffisantes ou dans certains cas spécifiques.
 
Las, le président de l'association des maires ruraux ne veut pas se soumettre. "Si le préfet me pique 1 euro, je rends les clés de la mairie le jour même", menace M. Pelletier. "Nous avons obtenu un compromis à l'arraché qui cantonne le risque, avec un parallélisme total entre le public et le privé, se défend le président de l'AMF et député (UMP) du Jura, Jacques Pélissard. Notre responsabilité, c'est de respecter la loi."
 
Les principaux syndicats d'enseignants du primaire veulent rencontrer les ministres de l'intérieur et de l'éducation pour leur demander de retirer l'article controversé. Pour sa part, le secrétariat général de l'enseignement catholique espère bien, à terme, que ses 300 000 élèves scolarisés en dehors de leur commune de résidence bénéficieront du forfait communal. Toutefois, soucieux de ne pas ranimer la guerre scolaire, il dit avancer "avec pragmatisme". "Nous demandons simplement la parité entre le privé et le public, mais nous ne réclamons pas une application brutale", estime-t-on au secrétariat général.
 
Et de rappeler que l'article controversé de la loi de décentralisation procède d'un amendement introduit par Michel Charasse, laïque militant. Au nom de la défense du service public, le sénateur socialiste du Puy-de-Dôme avait cherché une parade à l'attitude de certains maires qui, n'ayant pas d'école sur leur commune, incitaient leurs administrés à inscrire leurs enfants dans l'école privée de la commune voisine - pour ne rien avoir à payer - plutôt que dans l'école publique.
 
Martine Laronche - article paru dans l'édition du Monde du 21.09.06
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- Le lycée musulman de Lyon n'ouvrira pas cette année. Le recteur d'académie s'y est opposé pour des raisons de sécurité...
 


Fermeture des mosquées clandestines de Roissy et d'Orly

Les "mosquées clandestines" d'Orly et de Roissy enfin fermées. Le ministère de l'Intérieur a procédé en juillet à une vague de fermeture de l'ensemble des lieux de culte musulmans officieux qui avaient été répertoriés dans les aéroports d'Orly et de Roissy.
Une note en date du 24 juillet, publiée par le ministère, décrit dans les détails la collaboration entre la préfecture de police et les Aéroports de Paris, d'une part, et les entreprises des sites, d'autre part, pour arriver, fin juillet, à la fermeture des derniers lieux recensés. Le 17 juillet, cinq salles clandestines étaient encore ouvertes à Orly, dans les locaux de quatre sociétés : SAP/Servisair, Alyzia Handling, ISS Abilis et Eliance. Après la distribution d'une note du préfet du Val-de-Marne, «rappelant l'utilisation des locaux d'entreprise» et les démarches effectuées à l'égard des quatre chefs d'entreprise, ces derniers «ont accepté de faire cesser la pratique religieuse dans ces salles et ont fait enlever tous objets et
signes religieux, en concertation, pour certains, avec les responsables syndicaux». Quelques-uns hésitaient en effet à agir «par crainte de possibles conflits sociaux».
On peut regretter qu'il aura fallu un livre écrit par Philippe de Villiers sur le sujet pour que le ministère de l'intérieur bouge enfin...
 


Un tableau représentant la crucifixition enlevé du tribunal de Metz

Un immense tableau du peintre Théodore Devilly représentant la crucifixion du Christ trônait depuis 1866 dans le palais de justice de Metz. Il en a enfin été enlevé pour être exposé à l’église abbatiale de Saint-Avold, suite à une décision du garde des sceaux, Pascal Clément.
En septembre 2000, un rideau épais avait été tendu devant cette peinture afin de le dérober au regard des justiciables, sous la pression d’un avocat, Me Daniel Delrez, parti en croisade avec le soutien de la Libre Pensée contre ce qui lui semblait causer une "atteinte intolérable au principe constitutionnel de laïcité".
Ce fut aussi une manière de se prémunir contre d’éventuels recours et d’éviter les incidents d’audience. Quelques mois plus tôt, les avocats du tueur en série Francis Heaulme n’avaient-ils pas obtenu le renvoi de son procès, après que le président des assises, peut-être inconsciemment inspiré par le tableau suspendu au-dessus de lui, avait invoqué le "pardon de Dieu" en encourageant l’accusé à avouer son crime ?
"Prétendre qu’il s’agit d’une oeuvre d’art alors qu’elle incarne la toute-puissance de l’Eglise est au mieux une cécité, au pire de la mauvaise foi", triomphait Me Delrez au moment du camouflage, saluant la "victoire de la République sur l’obscurantisme local".
Amère défaite pour les membres du collectif de défense de La Crucifixion, qui s’était constitué en réaction. Prise en grippe par les tenants d’une laïcité stricte, la toile de Devilly était devenue pour eux le symbole de la défense du droit local - rendues à la France en 1918, la Moselle et l’Alsace annexées ont échappé à la séparation de l’Eglise et de l’Etat et sont restées sous régime concordataire.
D'après l'article de Nicolas Bastuck, pour Le Monde, 31 juillet 2006


Le conseil municipal de St Etienne revient sur sa décision de donner le nom de Jean-Paul II à une place de la ville

Il n'y aura pas de place Jean-Paul II à St Etienne. Une délibération de janvier du Conseil municipal de St Etienne - à
majorité UMP - visant à renommer la place Jean Jaurès du nom de l’ancien
pape, a finalement été annulée le 15 mai suite à une campagne contre "ce
deuxième assassinat de Jean Jaurès".

source www.fairelejour.org



Proposition de loi de Jacques Myard contre les atteintes à la dignité de la femme

Jacques Myard, député UMP des Yvelines, n'est pas exempt de reproches quant à la gestion de la laïcité dans son département, et on peut regretter que ce soit un représentant de la droite catholique qui soulève un tabou. Mais pouvons-nous faire autrement que soutenir sa proposition de loi "contre les atteintes à la dignité de la femme" ? Que font les autres sur le sujet ?

proposition de loi N° 3056 - 4 mai 2006

ASSEMBLÉE NATIONALE

CONSTITUTION DU 4 OCTOBRE 1958

DOUZIÈME LÉGISLATURE

Enregistré à la Présidence de l'Assemblée nationale le 26 avril 2006.

PROPOSITION DE LOI


visant à lutter contre les atteintes à la dignité de la femme
résultant de certaines pratiques religieuses,

(Renvoyée à la commission des lois constitutionnelles, de la législation et
de l'administration
générale de la République, à défaut de constitution d'une commission
spéciale dans les délais
prévus par les articles 30 et 31 du Règlement.)

PRÉSENTÉE

par M. Jacques MYARD

Député.


EXPOSÉ DES MOTIFS

Mesdames, Messieurs,

La très grande majorité des Français considère la laïcité comme la garantie
pour vivre en paix dans le respect des religions, ils sont déterminés à en
défendre le principe face au prosélytisme de certains intégristes
activistes, partisans par exemple du port du foulard islamique à l'école.
C'est à ce titre qu'un très fort consensus national a soutenu l'adoption de
la loi du 15 mars 2004 interdisant le port de signes ou de tenues
manifestant une appartenance religieuse dans les écoles, collèges, et les
lycées publics. Cette loi a mis un terme à la montée du communautarisme
religieux dans les établissements scolaires, qui constitue un danger pour la
sérénité et le respect des valeurs républicaines. À la surprise de tous ceux
qui ont prédit des incidents, cette loi a été appliquée fermement, sans
provoquer d'incidents majeurs. Elle a ainsi permis l'apaisement dans les
écoles minées depuis des années par des polémiques prosélytes et
idéologiques.

Toutefois, il est évident que la question du foulard islamique ne s'arrête
pas à l'école. La loi du 15 mars 2004 a permis aux écoles de redevenir le
havre de paix républicain pour toutes les jeunes filles subissant une
pression familiale ou communautaire les obligeant à arborer un symbole
certes religieux, mais dont l'objectif politique est bien de maintenir la
femme dans un statut inégalitaire et de minorité. C'est pourquoi le respect
des valeurs républicaines, au premier rang desquelles figure l'égalité
absolue des sexes, nous oblige à poser la question du port de certaines
tenues non seulement dans les établissements d'enseignement mais sur tout le
territoire de la République.

En effet, si le port du foulard islamique constitue un signe distinctif
montrant l'appartenance à une religion, la forme la plus extrême de cette
pratique consiste à voiler totalement le visage de la femme, de façon à la
rendre méconnaissable en public. Cette pratique va bien au-delà d'un signe
distinctif et prosélyte, il s'agit de la négation même de la personne dans
la sphère publique. La femme devient un objet caché sans personnalité.
N'ayant plus de visage, la société ne peut la reconnaître comme personne,
mais uniquement comme objet anonyme d'un groupe religieux. Elle se trouve
dans l'impossibilité d'établir le moindre contact humain en dehors de sa
famille. Cette déshumanisation de la femme constitue une violation grave de
la dignité humaine.

En outre, ce type de voile crée une barrière infranchissable entre la
personne qui le porte et la société dans son ensemble. C'est pourquoi cette
pratique constitue la forme la plus extrême des dérives communautaristes, et
porte directement atteinte au vouloir vivre ensemble dans une société
diversifiée et démocratique. Cette pratique est donc directement contraire à
toute intégration. On ne peut dès lors autoriser des pratiques ayant pour
finalité de couper les individus, les groupes culturels, ethniques, ou
religieux les uns des autres.

La présente proposition de loi a pour objet de mettre un terme à cette
dérive communautariste qui heurte profondément l'égalité des sexes et la
dignité humaine. L'article premier pose comme principe l'interdiction de
cacher totalement son visage sous couvert d'un prétexte religieux. L'article
2 définit cette pratique aussi bien que l'incitation à cette pratique comme
un délit, passible dès lors d'une amende et d'une peine de prison. Enfin
l'article 3 permet à l'autorité administrative d'expulser tout étranger qui
se rendrait coupable de ce délit.

Telles sont les raisons de la proposition de loi qu'il vous est demandé,
Mesdames, Messieurs, de bien vouloir adopter.

PROPOSITION DE LOI

Article 1er

Aucune prescription culturelle ou religieuse n'autorise quiconque à voiler
son visage sur la voie publique ; toute personne allant et venant sur le
territoire de la République doit avoir le visage découvert permettant
aisément sa reconnaissance ou son identification.

Le principe mentionné à l'alinéa précédent ne s'applique ni aux services
publics, ni aux activités culturelles telles que le carnaval ou le tournage
d'un film.

Article 2

Est puni de deux mois d'emprisonnement et 3 750 € la violation du principe
mentionné à l'article 1er. Est puni de la même peine l'incitation à violer
ledit principe.

En cas de récidive, ces peines seront portées à un an de prison et 7 500 €
d'amende.

Article 3

Toute personne étrangère qui se comporte en violation du principe institué à
l'article 1er ou qui incite une autre personne à violer ledit principe est
éloignée du territoire national sur décision du ministre de l'intérieur ou
des préfets de la République.


La ville du Mans n'a pas à financer un abattoir pour les moutons de l'Aïd

Les fonds publics n'ont pas vocation à financer un abattoir "lié à l'exercice d'un culte".

Le tribunal administratif de Nantes a annulé le 31 mars 2006 la délibération de la communauté urbaine du Mans qui allouait une subvention de 380.000 euros à l'aménagement d'un site d'abattage destiné à l'égorgement de moutons suivant le rite musulman.

Le tribunal avait été saisi en décembre 2003 par un contribuable de la ville. Les juges ont considéré que que la communauté urbaine avait « engagé une dépense liée à l'exercice d'un culte en méconnaissance de la loi de 1905 » qui précise bien qu'il est interdit d'affecter des « fonds publics à la création d'équipements destinés à des pratiques rituelles liées à l'exercice d'un culte ».