Au lycée Thuillier, des élèves viennent encore voilées en cours.
Le proviseur de ce lycée public ne semble pas être au courant de la loi de mars 2004 contre les signes religieux à l’école. La rectrice, Madame Campion, ainsi que le ministre de Robien, brillent par leur inertie.
Voici la lettre que des professeurs du lycée voisin ont envoyée au proviseur, suivie d’autres éléments " d’appréciation " de cette triste affaire.
"Monsieur le Proviseur,
Professeurs au Lycée Thuillier, nous travaillons à l'intérieur de la même enceinte que
vous et vos administrés.
Nous tenons à vous faire savoir que nous sommes très choqués de rencontrer quotidiennement
plusieurs élèves, scolarisées dans le lycée dont vous avez pris cette année
la direction, qui entrent dans la Cité Scolaire la tête couverte d'un voile islamique, et pour certaines
le corps également couvert d'un costume islamique. C'est le cas par exemple, le lundi à 12 heures
et le mardi à 13 heures : tous les gens qui passent devant la Cité Scolaire à ce moment-là
peuvent les voir aussi.
De toute évidence, c'est dans cette tenue, illégale dans un établissement
d'enseignement public puisqu'elle constitue un signe religieux ostensible, que ces élèves se présentent
en cours. Il nous paraît très préoccupant que nos lycées, sis à l'intérieur
de la même enceinte, donnent l'image d'un espace hors la loi.
Nous avions déjà pris contact avec votre prédécesseur à ce sujet,
en février 2005. A la suite de diverses démarches, Madame la Rectrice avait décidé d'intervenir
à la fin de l'année scolaire dernière. Nous pensions qu'avec un nouveau proviseur à sa
tête le lycée Gand respecterait plus facilement la loi républicaine et nous espérons encore
que cela va être le cas. C'est pourquoi nous vous demandons de bien vouloir user de votre autorité
pour faire cesser cette violation quotidienne d'une loi très nécessaire à la paix civile.
D'ans l'attente d'un règlement rapide de cette question, nous vous prions d'agréer, Monsieur le
Proviseur, l'expression de notre considération."
Il faut dire que dans le lycée Thuillier, les collègues ne sont pas des foudres de
laïcité : sur 200 professeurs, trois prennent la question au sérieux;
quand au lycée contigu, le lycée Gand, il semble que ce soit un nombre avoisinant le zéro
pointé ! Quand les collègues avaient écrit en février 2005 au précédent
proviseur, celui-ci avait d'abord nié la situation lors d'une première rencontre, puis avait fini par
recommander à ces collègues d'être "compréhensives" et "d'accepter
la diversité".
La rectrice qui avait reçu une lettre des collègues (elle s'appelle Mme Campion) a brillé
par son silence : au plus haut niveau, l'inertie tient lieu de politique ! Il a fallu que les collègues
rencontrent le député (Dr Olivier Jardé, ex-suppléant de de Robien, UDF) ; celui-ci a
adressé un courrier à la Rectrice pour lui demander d'intervenir. Au début de l'été,
le député leur a signalé qu'elle était intervenue. Visiblement en pure perte puis
qu'à la rentrée 2006, le lycée Gand ayant un nouveau proviseur, les choses sont restées
en l'état : les élèves voilées, au nombre de cinq au moins, entrent
librement dans l'enceinte du lycée Thuillier et dans leur lycée (le lycée Gand).
Une des collègues a rencontré le nouveau proviseur à l'occasion d'une réunion
de professeurs d'histoire qui se tenait chez lui : il s'est étonné du ton agressif de la lettre
des collègues et a juré n'avoir jamais vu dans ses murs aucune élève voilée.
La CPE, présente également, a précisé: "Euh, cela dépend de ce qu'on
appelle voile...."! Les trois collègues se préparent - sans illusions - à envoyer une nouvelle
missive à la rectrice.
Nous devons donc faire connaître le plus largement possible ces refus d'appliquer la nouvelle loi. Il serait souhaitable que tous les collègues ayant vent de ce type de comportement en fassent le recensement pour qu'il soit porté à la connaissance de tous : le ministre ne pourra balayer les informations d'un revers de la main.
