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des actes !










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L'heure n'est plus aux palabres mais à l'action

par Michèle Vianès


"Celui qui tient la femme tient tout, c'est pour cela que l'Eglise veut retenir la femme, et c'est aussi pour cela qu'il faut que la démocratie la lui enlève ". Jules Ferry

FIS algérien " La femme musulmane est une force irremplaçable sur le plan psychologique, social et culturel. Il s'agit de savoir canaliser cette force et employer ses potentialités de la manière la plus judicieuse dans le cadre de la stratégie de développement de notre civilisation "

Partout, dans l'espace et dans le temps, on observe les rapports de hiérarchie et d'assujettissement des femmes.

Les religions depuis les origines de l'humanité ont mis en place la hiérarchie hommes/femmes. Pour que la race des hommes se perpétue, les H. doivent avoir à leur disposition une femme qui leur donnera des fils. Le culte à leurs aïeux servira de prétexte pour contrôler que leurs fils soient bien les leurs.

Les philosophes grecs ont théorisé l'infériorité des femmes, le droit romain l'a légalisé. Mais cette infériorité ne se constate pas seulement dans le monde méditerranéen Traditions et religions ont " expliqué " les incapacités des femmes en faisant appel à la Nature. Elles ont interprété des faits biologiques, le premier d'entre eux étant le sang menstruel. Là va s'ouvrir le registre du pur et de l'impur, permettant de jouer sur toute la gamme du licite et de l'illicite, du permis et de l'interdit.

Pour le bouddhisme, menstrues et sang de l'accouchement condamnaient les femmes à tomber dans un enfer spécifique : l'Etang de Sang dont elles ne pouvaient échapper qu'après certains rites exécutés par des prêtres, moyennant finances.

Mariées, les femmes vont être intellectuellement stérilisées par une masse d'obligations ridicules et tatillonnes. Dont certains interdits alimentaires et autres tâches domestiques persistent encore aujourd'hui. Les règles alimentaires hindoues sont surement les plus complexes.

La Révolution Française a fait sauter les premiers verrous. Mais la possibilité pour les femmes de divorcer a provoque la peur panique des machistes. En France, le code civil, en 1804, inscrit dans la loi l'inégalité des H. et des F. l'homme est " le juge souverain et absolu de l'honneur de la famille ", le code admet que le mari peut joindre " la force à l'autorité " avec modération !, l'article 324, dit " article rouge " rend excusable le mari meurtrier de son épouse ou de l'amant lors d'un flagrant délit d'adultère. Pas de réciprocité dans l'indulgence pour la femme meurtrière. Ceci perdure dans de nombreux pays (crime d'honneur) soit dans la coutume, soit dans les lois.

L'avancée des droits des femmes s'est faite dans tous les pays du monde, à partir des années 1960. Elle a concerné surtout les femmes citadines et instruites. La maitrise par les femmes de leur désir d'enfants, de leur autonomie financière, de leur corps et leur esprit a paniqué les machocrates. Ils ont appelé à leur secours les religions. Même la Chine s'ouvre au religieux.

Les communautarismes religieux, ou prétendu tels, considèrent l'émancipation de la femme comme la cause de tous les fléaux de la société, maux qui disparaîtraient si l'on revenait aux conceptions théocratiques de domination des hommes et à l'acceptation par les femmes de leur soumission.

Catholiques intégristes, bouddhistes, protestants fondamentalistes, juifs orthodoxes, islamistes, même combat maintenir les femmes dans leurs obligations : reproduction de la famille et gratification sexuelle du mari. Les tenants de l'islam politique vont, en plus de la peur de l'autonomie des femmes, utiliser la haine de l'Occident pour, au nom de la religion, régresser au mode de vie tribal de la péninsule arabique au VII° siècle.

En France les jeunes filles de filiation musulmane réussissait à l'école lieu d'émancipation et devenait ensuite autonome, elle risquait même d'épouser un non-musulman. Cette peur panique a amené les prédicateurs salafistes (Benchelali, Bouziane) à voiler leur fille pour d'une part en enserrant leur tête tenter de leur atrophier le cerveau et d'autre part les présenter comme victimes de ces affreux enseignants laïques qui veulent coloniser les cerveaux des jeunes en leur apprenant à réfléchir, c'est-à-dire selon la définition d'Alain " dire non à ses propres croyances ".

Les atteintes à l'égalité en droit, en France, des femmes et de fillettes de filiation musulmane sous prétexte de traditions religieuses, imposées par leur mari ou père, leur famille, le voisinage se multiplient. L'enfermement des femmes de confession musulmane en France, l'apartheid sexué, les mariages sous contraintes, forcés, la répudiation, la polygamie 30000, les violences psychologiques et physiques dues aux traditions religieuses entraînent des troubles de l'ordre public et font que toutes les femmes en France n'ont pas les mêmes droits ! Aujourd'hui : des jeunes filles assimilent les schémas patriarcaux que nous pensions archaïques, en particulier leur infériorité par rapport aux garçons. La non-intégration psychologique empêche l'intégration sociale.

La bataille des mots consiste à instrumentaliser le féminisme. Il y aurait 2 féminismes un occidental colonialiste, néo-esclavagiste (mouvement black américain l'égalité H/F serait un concept d'homme occidental, donc se faire battre par un noir pas de problème !) qui fait des femmes cette viande étalée à la disposition de tous (cf imam d'australie) qui stupidement se fatiguent à travailler à l'extérieur alors qu'être la domestique de toute sa famille sans reconnaissance économique est tellement plus reposant et enrichissant intellectuellement. un oriental où les rapports sociaux de sexe traditionnels, partage des rôles serait librement consenti. Ce n'est pas la soumission aux hommes mais l'obéissance à leur dieu qui les guide à avoir " le courage " de s'enfermer dans le voile. L'asservissement volontaire voilà le féminisme islamiste. Imposer les droits universels de la personne humaine serait du néo-colonialisme.

L'accusation d'ethnocentrisme proférée par ceux qui veulent enfermer les femmes dans les traditions patriarcales a un impact sur les benêts compassionnels. Des personnes (hommes ou femmes) considèrent que l'égalité en droit, principe universel, ne concerne que les Occidentaux et acceptent séparation et inégalité hommes/femmes pour celles qu'elles considèrent définitivement comme " non-occidentales ", même s'ils et elles vivent en Occident depuis plusieurs générations !

Le relativisme culturel est du racisme puisqu'il interdit à des personnes de jouir des droits fondamentaux universels.

Permettre dans l'espace public aux " bonnes musulmanes " de se cacher, donc de se séparer visiblement dans l'espace commun, entérine l'idée d'une différence fondamentale entre les " bonnes musulmanes " et les autres femmes. N'étant pas à une contradiction près, alors qu'elles portent un signe, un stigmate, volontairement, elles s'offusquent d'être stigmatisées ! Cela engendre des représentations des femmes, aussi bien par les filles que par les garçons, totalement contradictoires avec le principe constitutionnel d'égalité entre les hommes et les femmes.

Le port du voile manifeste un pur et simple refus des principes républicains et une tentative de fragmentation de l'espace commun.

Les porteuses de voile le revendiquent au nom de la liberté de choix " jusqu'au bout ". C'est ma foi, c'est mon choix donc c'est mon droit. Non, la liberté a des limites. Une liberté sans limites engendre la loi du plus fort, du plus riche, du plus vociférant, du plus manipulateur. Dans la devise républicaine, la liberté est associée à l'égalité et à la fraternité parce que la fraternité républicaine empêche la liberté d'engendrer des privilèges et l'égalité d'engendrer l'oppression.

Si les intérêts particuliers priment sur l'intérêt général, comment s'étonner ensuite de l'absence de lien social avec la communauté nationale, du non-respect des règles essentielles du vivre ensemble dans la République?

Prétendre que tout se vaut et s'équivaut, que le choix personnel est un droit, ignorer que la liberté des uns s'arrête où commence celle des autres, c'est refuser les principes fondamentaux de la République française.

La légitimation de la phallocratie procède au travail de sape de la République française, tablant sur l'ignorance, l'indifférence ou la lâcheté. Au nom d'une prétendue modernité, on caricature le modèle républicain, l'état de droit, le rendant responsable de tous les maux passés et présents. Dans le même temps les traditions théocratiques et ségrégationnistes sont érigées en modèle de modernité.

L'archaïsme d'une société se mesure au fossé qui sépare les droits des femmes de ceux des hommes. Le vieux mur érige de nouvelles frontières entre les hommes et les femmes. C'est à la vigilance citoyenne des femmes et des hommes d'abattre les vieux murs de la phallocratie et leurs fondations pour vivre ensemble.

C'est le sens des actions de Regards de Femmes.

Regards de Femmes a organisé en France le rassemblement contre les tribunaux islamiques de justice civil, vous nous avez suivies. Le gouvernement de l'Ontario les a abolis.

Regards de Femmes s'est portée partie civile (avec fci) contre l'imam Bouziane de Vénissieux. Vous nous avez suivies. Il a été condamné à de la prison.

Regards de Femmes s'est opposée à la venue de Hani Ramadan. Vous avez été très nombreux à nous suivre. Ses enseignements prévus à Lyon sont reportés.

Bouthaïna Khaldi a été battue et tondue par son frère parce que son amoureux se prénomme Paco. Regards de Femmes s'est portée partie civile, son frère est en prison, Bouthaïna se sent forte.

La Halde recommande le port de signes discriminatoires, sexistes et archaïques. Nous le dénonçons.

C'est à chacun et chacune d'entre nous de ne pas abandonner les enfants de filiation musulmane aux traditions religieuses contraire au droit universel sans crainte d'être accusé de " racisme "!
  • Si une fillette refuse le bonbon donné parce qu'elle ne peut pas accepter quoi que ce soit d'une mécréante, il faut le dénoncer,
  • si des parents demandent des couchettes des filles et des garçons dans des lieux différents en maternelle, il faut le dénoncer
  • si une fillette a la tête couverte dans l'espace publiC parce qu'elle représente un risque de désordre pour les garçons, il faut le dénoncer,
  • si une fillette ne va plus au centre social parce que ce n'est pas un " endroit pour les filles ", il faut le dénoncer, si une fillette est absente au cours de biologie, il faut le dénoncer,
  • si une fillette ne peut pas aller à la piscine ou au club sportif, il faut le dénoncer,
  • si une fillette est frappée par le conjoint de sa mère quand elle parle français à la maison, il faut le dénoncer,
  • si une fillette est excisée, il faut le dénoncer.


C'est à chacun et chacune d'entre nous de dénoncer auprès des institutions chaque fois qu'il ou elle observe des atteintes à la dignité et à l'intégrité des êtres humains et en particulier des mineurs. Toutes les personnes qui vivent sur le territoire ont droit à la protection de la République et doivent obéir aux lois qui permettent de vivre ensemble dans le respect mutuel des différences.

L'heure n'est plus aux palabres, mais à l'action.

Montreuil, le 10 février 2007
Michèle Vianès Présidente de Regards de Femmes (www.regardsdefemmes.com)
Auteur de " Un voile sur la République " Stock, et " Les islamistes en manoeuvre Silence, on manipule " Editions Hors Commerce